Un automobiliste accusé d'avoir volontairement écrasé un cycliste à Paris

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Un procès pour meurtre requis contre l'automobiliste

Le parquet de Paris a requis un procès aux assises pour Ariel M., 53 ans, accusé d'avoir volontairement écrasé Paul Varry, 27 ans, le 15 octobre 2024 sur le boulevard Malesherbes (8e arrondissement). Selon les réquisitions, l'automobiliste aurait "percuté volontairement" le cycliste "en lui roulant sur le corps et en l'écrasant à l'aide de son véhicule".

La défense conteste les éléments à charge

Les avocats de la famille de la victime, notamment Me Yassine Bouzrou, saluent la qualification de meurtre, estimant que les faits démontrent une "intention homicide". Ils soulignent que l'accusé ne pouvait ignorer les conséquences de ses actes. En revanche, la défense conteste un rapport d'accidentologie central dans le dossier, sans avoir encore réagi officiellement.

Un drame qui avait ému la capitale

L'affaire, survenue en fin d'après-midi dans un quartier central de Paris, avait suscité une vive émotion. Les avocats de l'automobiliste, Mes Steeve Ruben, Caroline Toby et Fabien Arakelian, n'ont pas encore fait de déclaration publique. La décision finale revient désormais à la chambre de l'instruction. ## Un rapport judiciaire confirme la responsabilité du conducteur

Le rapport d’expertise technique, rendu public ce mercredi, établit que le véhicule impliqué dans l’accident mortel du 14 avril fonctionnait normalement. Les conditions de visibilité étaient optimales, et le cycliste, Paul Varry, était clairement visible depuis le poste de conduite au moment des faits. Ces conclusions renforcent les charges pesant contre Ariel M., le conducteur mis en cause.

Réincarcération saluée par la défense de la victime

La chambre de l’instruction a ordonné lundi le retour en détention d’Ariel M., initialement placé sous bracelet électronique. Cette décision, dont l’AFP a pris connaissance, a été saluée par Me Bouzrou, avocat de la famille de la victime. « Sa libération aurait été une insulte à tous les cyclistes, quotidiennement mis en danger par des prédateurs de la route », a-t-il déclaré.

Le suspect maintient sa version des faits

Ariel M. conteste depuis le début les accusations portées contre lui. Lors de son audience devant le juge des libertés et de la détention, il avait affirmé : « Je suis désolé de ce qu’il s’est passé. Je n’ai jamais été un voyou, je n’ai jamais fréquenté des voyous. » Lors de l’enquête, il a expliqué avoir roulé sur la piste cyclable par précipitation, avant d’être insulté par Paul Varry, qui lui reprochait d’avoir écrasé son pied. Selon lui, il aurait tenté de « se dégager » et aurait « paniqué » face à un cycliste qu’il décrivait comme « voulant en découdre ». Des déclarations qualifiées de « mépris absolu pour la vie humaine » par la défense de la famille.