Boualem Sansal attaque le président algérien en justice

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Un procès en justice contre le président algérien

L'écrivain Boualem Sansal, gracié en novembre 2023 par le président algérien Abdelmadjid Tebboune après un an d'emprisonnement, a confirmé son intention de poursuivre en justice le chef de l'État. Lors d'une table ronde à l'Assemblée nationale, organisée dans le cadre de la Journée du livre politique, l'auteur franco-algérien a déclaré : *« Je vais aller jusqu’au bout »*, estimant n'avoir pas bénéficié d'un *« vrai procès, avec des avocats et des observateurs internationaux »*.

Un engagement politique assumé

Invité aux côtés de l'avocat Richard Malka, Boualem Sansal a évoqué son engagement politique à travers l'écriture. Il a rappelé avoir adressé une lettre au président Tebboune depuis sa cellule, soulignant les irrégularités de son procès. *« J’ai écrit à (M) Tebboune quand j’étais en prison, je lui ai dit… »*, a-t-il commencé avant d'être interrompu, laissant planer le doute sur le contenu de ce message.

Une affaire aux enjeux symboliques

Cette annonce intervient alors que l'écrivain, figure critique du régime algérien, reste sous le coup d'une condamnation à un an de prison ferme pour *« atteinte à l'unité nationale »*. Son procès, jugé expéditif, a suscité des critiques internationales. Boualem Sansal, qui réside en France, a indiqué qu'il attendrait *« le bon moment »* pour engager des poursuites, sans préciser de calendrier. ## Une procédure judiciaire internationale lancée contre le président algérien

L’écrivain et académicien Boualem Sansal, 81 ans, a annoncé son intention de saisir la justice internationale contre le président algérien Abdelmadjid Tebboune. Condamné en 2021 à cinq ans de prison pour des prises de position critiques, il a été libéré après près d’un an de détention, mais maintient sa détermination à poursuivre son combat juridique.

« Ils m’ont condamné à mort, en m’accusant de terrorisme, d’espionnage et d’attaque à la sûreté de l’État », a-t-il déclaré, évoquant des chefs d’accusation qu’il juge politiques. Son avocat a déjà préparé un dossier, et Sansal attend « le bon moment » pour engager les procédures, en citant l’exemple du journaliste Christophe Gleizes, emprisonné depuis mai 2024 pour « apologie du terrorisme ».

Un procès jugé inéquitable et une rupture éditoriale

Sansal dénonce un procès « sans avocats ni observateurs internationaux », qu’il considère comme une parodie de justice. Cette affaire a également marqué un tournant dans sa relation avec son éditeur historique, Gallimard. L’écrivain a quitté la maison d’édition pour rejoindre Grasset, une filiale du groupe Hachette Livre, contrôlé par Vincent Bolloré.

Dans une tribune publiée dans *Le Monde*, il a expliqué cette décision par une « divergence » sur la stratégie adoptée pendant son incarcération. La grâce obtenue grâce à des démarches diplomatiques, soutenues par Gallimard, lui est apparue « profondément insatisfaisante », car elle ne correspondait pas à sa ligne de résistance face au régime algérien.

Une détermination intacte malgré les obstacles

« Je vais aller jusqu’au bout », a-t-il affirmé, soulignant son refus de toute compromission. Son combat juridique s’inscrit dans une lutte plus large contre les restrictions des libertés en Algérie, où les critiques du pouvoir font régulièrement l’objet de poursuites. Sansal, figure de la dissidence intellectuelle, entend ainsi poursuivre son engagement, malgré les risques et les pressions.