Sarkozy face à un réquisitoire implacable dans l'affaire libyenne

Date de publication

Media file: 01KRG/XR6DQ/3R19Y/FJ6ZZ/JB2HC/P/01KRGXR6DQ3R19YFJ6ZZJB2HCP.png

Un réquisitoire ferme du parquet général

Le parquet général a maintenu, mercredi 13 mai, sa demande de sept ans de prison contre Nicolas Sarkozy lors du procès en appel de l'affaire libyenne. Cette peine, supérieure de deux ans à celle prononcée en première instance, vise à sanctionner le présumé financement libyen de sa campagne présidentielle de 2007.

Des peines requises contre les proches collaborateurs

Claude Guéant et Brice Hortefeux, anciens collaborateurs de l'ex-président, ont également été visés par des réquisitions. Le parquet a demandé six ans de prison ferme pour le premier et quatre ans, dont deux avec sursis, pour le second. Pour Hortefeux, une exécution provisoire sous bracelet électronique a été sollicitée.

Un verdict attendu le 30 novembre

La cour d’appel doit rendre son arrêt le 30 novembre, après deux mois d’audience et les plaidoiries des avocats des dix prévenus. Le procès, qui s’achèvera dans deux semaines, marque une étape cruciale dans cette affaire judiciaire majeure. ## Un accord secret avec la Libye pour financer une campagne présidentielle

L’accusation soutient que Nicolas Sarkozy, alors ministre de l’Intérieur, a scellé un accord avec le régime de Mouammar Kadhafi pour obtenir des financements occultes en échange d’une révision de la situation judiciaire d’Abdallah Senoussi, haut dignitaire libyen condamné pour l’attentat du DC-10 d’UTA. Ces manœuvres auraient, selon le parquet général, « vicé le financement de l’élection présidentielle de 2007 ».

Des rencontres secrètes et des transferts de fonds

Fin 2005, Claude Guéant et Brice Hortefeux, proches collaborateurs de Sarkozy, ont rencontré Senoussi en Libye. Peu après, 6 millions d’euros ont été versés sur les comptes de Ziad Takieddine, intermédiaire présent lors de ces discussions. Senoussi, beau-frère de Kadhafi, était recherché par la justice française pour son rôle dans l’attentat de 1989, qui avait fait 170 morts, dont 54 Français.

Une condamnation en appel et un recours possible

Initialement condamné à cinq ans de prison ferme pour association de malfaiteurs, Sarkozy pourrait voir sa responsabilité élargie en appel. L’accusation le désigne comme « l’instigateur » du pacte de corruption, affirmant que les transferts de fonds n’auraient eu lieu sans son implication. En cas de condamnation en novembre, il pourra faire appel devant la Cour de cassation. Sarkozy a déjà été définitivement condamné dans deux autres affaires, celles des écoutes et de Bygmalion.