Un procès pour meurtre après le drame du 15 octobre 2024
Ariel M., 53 ans, sera jugé aux assises pour meurtre après avoir tué Paul Varry, 27 ans, en l’écrasant avec son SUV Mercedes le 15 octobre 2024 à Paris. La décision a été confirmée mardi 12 mai par une source proche du dossier à l’AFP, après une enquête d’un an et demi.
Un acte volontaire selon l’ordonnance judiciaire

La juge d’instruction a retenu la qualification d’homicide volontaire, estimant que l’automobiliste avait « percuté volontairement » le cycliste avant de « lui rouler sur le corps et de l’écraser » avec son véhicule de 2,3 tonnes. Le parquet avait déjà requis un renvoi aux assises pour homicide volontaire.
Un hommage durable à Paul Varry
Militant pour Paris en selle, Paul Varry avait marqué la communauté cycliste. Sa mort avait provoqué une vague d’indignation et conduit à des mesures gouvernementales contre la violence routière. En juillet 2025, la Ville de Paris a inauguré une piste cyclable à son nom entre les places de la République et de l’Opéra. ## Une qualification de meurtre contestée par la défense
Les avocats de l’accusé, Caroline Toby, Steeve Ruben et Fabien Arakelian, ont fermement contesté la qualification de meurtre retenue contre leur client. « Notre client n’a jamais eu l’intention de donner la mort. Nous allons bien évidemment faire appel de cette décision », ont-ils déclaré. Cette position s’oppose à celle de Yassine Bouzrou, l’avocat de la famille de la victime, Paul Varry, qui a salué cette qualification comme « une étape essentielle vers la vérité judiciaire. Elle honore la mémoire de Paul Varry et le combat de ses proches ».
Un conducteur en infraction au moment des faits
Au moment de l’accident, Ariel M. circulait avec seulement huit points sur son permis, déjà suspendu à deux reprises. Selon les images de vidéosurveillance et les témoignages, le conducteur a emprunté la voie cyclable du boulevard Malesherbes pour doubler des véhicules par la droite, avant d’entrer en confrontation avec Paul Varry. Ce dernier, filmé en train de frapper le capot du SUV, a été renversé par le véhicule, dont les roues gauches se sont soulevées avant de redescendre sur son corps.
Des éléments accablants selon l’expertise
Un rapport d’expertise en accidentologie indique que le conducteur a nécessairement aperçu Paul Varry debout devant le phare avant gauche du SUV avant de redémarrer. Cette conclusion renforce l’hypothèse d’une intentionnalité dans le geste, bien que la défense maintienne l’absence de volonté de tuer. L’affaire, désormais qualifiée de meurtre, pourrait faire l’objet d’un appel.
