Un verdict attendu après 17 ans d’enquête
La cour d’appel de Paris a rendu jeudi 21 mai sa décision dans l’affaire du crash du vol Rio-Paris, survenu en 2009. Air France et Airbus, initialement relaxés en première instance en avril 2023, ont été condamnés en appel pour homicides involontaires. Cet accident, le plus meurtrier de l’histoire des compagnies aériennes françaises, avait fait 228 victimes.
Un revirement du ministère public

Le ministère public avait initialement demandé la relaxe des deux entreprises lors du premier procès. Cependant, après deux mois d’audience en appel à l’automne 2025, il a requis leur condamnation. Les avocats généraux avaient qualifié la défense des entreprises d’"indécente", estimant que les arguments présentés après seize années d’enquête manquaient de sincérité.
Des peines limitées pour les personnes morales
En tant que personnes morales, Air France et Airbus ne pouvaient être condamnés qu’à une amende maximale de 225 000 euros. Les familles des victimes, qui attendaient depuis près de deux décennies une reconnaissance de leur responsabilité, ont exprimé leur déception face à un procès jugé trop long et trop formel. ## Un crash aérien aux causes multiples
Le 1er juin 2009, le vol AF447 reliant Rio de Janeiro à Paris s’est abîmé en pleine nuit dans l’Atlantique, quelques heures après son décollage. L’accident a coûté la vie à 216 passagers et 12 membres d’équipage, représentant 33 nationalités, dont 72 Français et 58 Brésiliens. Les boîtes noires ont révélé que le givrage des sondes Pitot, dans des conditions météo difficiles près de l’équateur, a déclenché la chaîne d’événements menant au crash.
Responsabilités contestées
Airbus et Air France ont systématiquement nié toute responsabilité pénale, tant en première instance qu’en appel. Le constructeur a insisté sur les « facteurs humains pré-déterminants », tandis que le parquet général a estimé que les fautes des deux entreprises étaient « caractérisées » et avaient contribué au drame. L’accusation reprochait notamment à Airbus une sous-estimation des risques liés aux sondes Pitot et un défaut d’information des équipages.
Un procès aux enjeux lourds
En 2023, le tribunal correctionnel de Paris avait relaxé Airbus et Air France sur le plan pénal, tout en reconnaissant leur responsabilité civile. Le parquet avait alors souligné que les négligences commises n’avaient pas pu être directement liées au crash. L’avocat général Rodolphe Juy-Birmann avait toutefois mis en garde contre les conséquences d’une condamnation, évoquant un « discrédit » pour les deux compagnies.
