Starmer échappe de justesse à une enquête parlementaire sur Mandelson

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Un vote serré évite une enquête parlementaire sur Starmer

Mardi 28 avril, les députés britanniques ont rejeté une motion visant à lancer une enquête parlementaire sur la nomination controversée de Peter Mandelson comme ambassadeur aux États-Unis. La motion, portée par l’opposition conservatrice, a recueilli 223 voix pour et 335 contre, malgré un nombre significatif de dissidents travaillistes. Cette décision met un terme temporaire à la pression politique sur le Premier ministre Keir Starmer, mais ne clôt pas le débat sur sa gestion de ce dossier.

Des tensions persistantes au sein du Labour

La cheffe de l’opposition conservatrice, Kemi Badenoch, avait qualifié les déclarations de Starmer sur la procédure de nomination de "pas correctes". Plusieurs députés travaillistes, comme Emma Lewell, ont critiqué la consigne de vote du gouvernement, estimant qu’elle "alimentait l’idée qu’il y avait quelque chose à cacher". Ces divisions internes reflètent un malaise croissant au sein du parti, malgré la large majorité parlementaire du Labour (403 sièges sur 650).

Un dossier toujours sensible

L’affaire Mandelson a rebondi mi-avril avec la révélation que le ministère des Affaires étrangères avait accordé une habilitation de sécurité à l’ancien ministre malgré un avis défavorable des services compétents. Starmer a affirmé n’avoir pas été informé de cet avis, mais l’opposition exige des éclaircissements. La polémique, liée aux liens passés de Mandelson avec Jeffrey Epstein, continue de peser sur le gouvernement. ## Un limogeage et des accusations de pression politique

Le Premier ministre britannique Keir Starmer a limogé Olly Robbins, le plus haut fonctionnaire du Foreign Office, pour ne pas l’avoir informé d’une décision cruciale. Quelques jours plus tard, devant la Chambre des communes, Starmer a reconnu une « erreur de jugement » dans la nomination de Peter Mandelson, finalement révoqué en septembre 2025. Il a toutefois nié avoir trompé le Parlement et rejeté les allégations selon lesquelles Downing Street aurait exercé des pressions sur le Foreign Office pour accélérer cette nomination, comme le soutient Robbins.

Un contexte politique tendu à neuf jours des élections locales

L’opposition a accusé Starmer de vouloir instrumentaliser ce vote à des fins politiques, alors que les élections locales s’annoncent difficiles pour le Labour. Le parti, menacé par Reform UK (anti-immigration) et les Verts (à sa gauche), pourrait subir un revers significatif. La dernière fois qu’un Premier ministre a fait l’objet d’une enquête parlementaire similaire, c’était Boris Johnson, contraint à la démission en 2023 après le scandale du « Partygate ».

Témoignages et enquête en cours

Morgan McSweeney, ancien chef de cabinet de Starmer et artisan de la nomination de Mandelson, a témoigné devant une commission parlementaire. Il a nié avoir contourné les procédures. Starmer avait limogé Mandelson après des révélations sur ses liens avec Jeffrey Epstein, le pédocriminel américain. La police britannique enquête désormais sur d’éventuelles fautes commises par Mandelson, notamment la transmission de documents sensibles à Epstein lorsqu’il était ministre entre 2008 et 2010.