Un bilan lourd dans le nord du Honduras
Au moins 25 personnes, dont six policiers, ont été tuées jeudi 21 mai lors de deux attaques distinctes dans les régions de Colón et Cortés, dans le nord du Honduras. La police nationale et les forces armées ont été déployées sur les lieux, a indiqué le ministère de la Sécurité.
Un massacre inédit dans une zone en conflit

Le premier incident a eu lieu dans une plantation à Rigores, près de Trujillo (Colón), où 19 travailleurs ont été abattus. Selon Yuri Mora, porte-parole du ministère public, deux équipes travaillaient sur des sites distincts, avec 13 victimes identifiées dans l’une et six dans l’autre. Les autorités évoquent l’utilisation d’armes de gros calibre, probablement des fusils et des fusils de chasse.
Des attaques liées à la criminalité organisée
Le ministre de la Sécurité, Gerzon Velásquez, a souligné que l’ampleur de ce massacre est inédite dans une zone en conflit depuis des années en raison de bandes criminelles impliquées dans le narcotrafic et la captation de terres agricoles. Parallèlement, six policiers ont été tués à Omoa (Cortés), près de la frontière guatémaltèque, lors d’une attaque attribuée à des narcotrafiquants. ## Une attaque mortelle contre des agents de lutte anti-gangs au Honduras
Des agents participant à une opération contre les gangs ont été attaqués alors qu’ils se rendaient dans la ville de Trujillo depuis la capitale, Tegucigalpa, selon les autorités policières. Cette région, riche en ressources naturelles, est le théâtre d’un conflit agraire persistant depuis des décennies.
Conflits fonciers et criminalité organisée
La Commission interaméricaine des droits de l’homme avait déjà pris des mesures de protection pour des militants locaux, menacés en raison de leur engagement en faveur de l’environnement et des droits fonciers. Le village de Rigores, notamment, est sous la coupe de groupes criminels exploitant illégalement deux plantations de palmiers à huile, a révélé le chef de la police de Trujillo, Carlos Rojas. Ces activités illicites financent l’armement et le contrôle de la zone.
Un contexte de violence persistante
Le Honduras reste l’un des pays les plus dangereux pour les défenseurs de l’environnement, avec cinq militants tués en 2024 et 18 en 2023, selon Global Witness. L’assassinat en 2024 de Juan Lopez, un leader écologiste, avait déjà souligné les risques encourus dans cette région militarisée. Bien que le taux d’homicides ait diminué depuis son pic en 2011, le pays reste confronté à une criminalité élevée liée aux gangs et au trafic de drogue. Des ONG dénoncent une approche sécuritaire militarisée, accusée de violations des droits humains.
