Vaccination des bovins dans les Alpes : une course contre la montre avant la transhumance

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Une campagne de revaccination lancée dans les Alpes

La campagne de vaccination des bovins contre la dermatose nodulaire contagieuse (DNC) a démarré ces derniers jours en Savoie, Haute-Savoie, Isère et Ain. Ces départements, où la maladie avait été détectée pour la première fois en France en juin 2025, font l’objet d’une priorité sanitaire. Le ministère de l’Agriculture vise à maintenir une couverture vaccinale optimale durant l’été et la période d’activité des mouches vectrices, afin d’éviter toute résurgence.

Un objectif : protéger les troupeaux avant la transhumance

Les autorités sanitaires insistent sur la nécessité de vacciner les animaux avant leur montée en alpage. Les bovins immunisés l’été dernier conservent une protection, mais les éleveurs et le gouvernement craignent un retour de la maladie. La DNC, qui entraîne l’abattage systématique des troupeaux infectés, avait provoqué des manifestations massives d’agriculteurs cet hiver.

Des incertitudes sur la durée de l’immunité

Le ministère évoque une immunité de quinze mois après la vaccination, mais des estimations scientifiques varient entre douze et dix-huit mois. Des conclusions intermédiaires du Cirad sur un éventuel abattage sélectif en cas d’immunité collective sont attendues pour avril, avant un rapport complet fin juin. ## Un épizootie maîtrisée, mais des tensions persistent

La France n’a plus enregistré de nouveau foyer de maladie depuis le 1er janvier, permettant la levée de la quasi-totalité des restrictions sanitaires. Au total, 117 foyers avaient été identifiés entre juin et janvier, entraînant l’abattage de plus de 3 300 animaux et la vaccination d’environ 2 millions d’autres. Cette épizootie, bien que contenue, a ravivé la colère des agriculteurs fin novembre, notamment en raison des mesures d’abattage total contestées par deux syndicats.

Une campagne de vaccination prolongée

La campagne de rappel de vaccination se poursuivra jusqu’à la fin de l’année, avec une immunité garantie jusqu’à la redescente des pâturages d’été en automne prochain. Cette mesure concerne uniquement les zones réglementées, c’est-à-dire celles directement touchées par la maladie, et non les zones vaccinées en prévention dans le Sud-Ouest, où un « cordon sanitaire » avait été établi.

Une décision sanitaire en suspens

La question d’une éventuelle vaccination dans le « cordon sanitaire » du Sud-Ouest sera tranchée lors du prochain parlement sanitaire, qui réunira tous les acteurs concernés au ministère. Cette réunion déterminera les prochaines étapes pour maintenir la maîtrise de la situation épidémiologique.