Starmer sous le feu des critiques après un scandale d'omission inacceptable

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Un manque d'informations "impardonnable" selon Keir Starmer

Le Premier ministre britannique a qualifié vendredi 17 avril de "totalement inacceptable" le fait de ne pas avoir été informé des réserves entourant la nomination de Peter Mandelson comme ambassadeur aux États-Unis. Lors d'une déclaration filmée à Paris, où il participait à une réunion internationale, Starmer a affirmé n'avoir pas été alerté sur l'absence de feu vert final des services de sécurité.

"Je n'ai pas été informé qu'il n'avait pas obtenu le feu vert à l'issue de l'enquête de sécurité. Aucun ministre n'en a été informé. Downing Street n'en a pas été informé non plus", a-t-il déclaré, tout en promettant de s'expliquer devant le Parlement lundi.

Une crise politique aggravée par les liens avec Epstein

La révélation, publiée jeudi par The Guardian, selon laquelle le ministère des Affaires étrangères avait accordé une habilitation de sécurité à Mandelson malgré un avis défavorable des services compétents, a relancé les critiques sur la gestion de cette affaire. Starmer avait limogé l'ancien ministre travailliste en septembre 2023, l'accusant d'avoir minimisé ses liens avec Jeffrey Epstein, le criminel sexuel américain.

Dans la soirée de jeudi, le Premier ministre a également limogé Olly Robbins, le plus haut fonctionnaire des services diplomatiques. "J'irai devant le Parlement lundi afin de présenter tous les faits dans une transparence totale", a-t-il assuré, tout en reconnaissant sa "fureur" face à cette situation.

L'opposition exige la démission de Starmer

Les appels à la démission du Premier ministre se multiplient, tant à droite qu'au centre. Kemi Badenoch, cheffe du Parti conservateur, a dénoncé sur X une "malhonnêteté délibérée", estimant qu'il était "temps qu'il démissionne". Ed Davey, leader des libéraux-démocrates, a quant à lui affirmé que "si Keir Starmer a induit le Parlement en erreur et menti au peuple britannique, il doit partir".

Cette crise intervient alors que Starmer est déjà fragilisé par des mois de tensions internes au sein de son parti, notamment sur sa gestion des nominations et des questions de transparence. ## Un scandale qui fragilise Keir Starmer

L’affaire Mandelson s’invite au cœur d’une crise politique majeure pour le Premier ministre britannique. Nigel Farage, chef du parti Reform UK, a qualifié Olly Robbins, ancien négociateur du Brexit, de « victime sacrificielle » dans cette tentative de sauver Keir Starmer. La polémique porte sur les liens présumés entre Peter Mandelson, ex-chef de cabinet du Premier ministre, et le financier Jeffrey Epstein, mort en prison en 2019.

Des accusations graves et des tensions croissantes

Tenir des propos trompeurs devant les députés est une faute grave dans la démocratie britannique. Keir Starmer a toujours affirmé ignorer l’étendue des relations entre Mandelson et Epstein. Pourtant, des documents rendus publics en mars révèlent qu’il avait été averti du « risque réputationnel » lié à cette nomination. La grogne monte, y compris au sein du Labour, où certains exigent des réponses claires lors du débat parlementaire prévu lundi.

Une enquête en cours et des élections locales en ligne de mire

La police britannique a ouvert une enquête et perquisitionné deux résidences de l’ex-ambassadeur en février, après la publication de nouveaux éléments liés aux dossiers Epstein. Ces documents suggèrent que Mandelson aurait transmis des informations sensibles à Epstein, alors qu’il était ministre entre 2008 et 2010. Cette affaire survient à un moment délicat pour Starmer, déjà très impopulaire et confronté à des élections locales difficiles début mai.