Un mandat présidentiel prolongé sans consensus
Le gouvernement somalien a déclaré, vendredi 15 mai, l’entrée dans une « période de transition » vers un système démocratique basé sur le suffrage universel. Cette annonce intervient à l’expiration du mandat du président Hassan Cheikh Mohamoud, après trois jours de négociations infructueuses avec l’opposition. Une réforme constitutionnelle adoptée en mars a modifié les règles électorales, instaurant l’élection des parlementaires au suffrage universel et prolongeant les mandats présidentiel et législatif de quatre à cinq ans.
Un prolongement contesté

Le camp présidentiel affirme que cette réforme permet une prolongation automatique du mandat d’un an, tandis que l’opposition y voit une manœuvre pour maintenir le chef de l’État au pouvoir. Les parlementaires, dont le mandat est échu depuis mars, sont censés organiser des élections générales en juin, mais leur tenue semble improbable dans un pays en proie à l’instabilité et à l’insurrection des islamistes chabab.
Un contexte politique et sécuritaire fragile
Le gouvernement somalien, confronté depuis près de vingt ans à la rébellion des chabab, peine à étendre son autorité au-delà de Mogadiscio. Dans ce contexte, les promesses d’élections universelles apparaissent comme un défi majeur, alors que les divisions politiques et les menaces sécuritaires persistent. ## Un gouvernement fédéral somalien accuse l'opposition de menacer les droits électoraux
Dans un communiqué publié vendredi soir, le gouvernement fédéral somalien a révélé avoir engagé des discussions ces trois derniers jours avec certaines figures de l'opposition. Selon les autorités, ces personnalités auraient défendu des positions "contradictoires avec le droit fondamental des citoyens à voter et à se présenter aux élections".
Une transition électorale toujours fragile
Jusqu'à la réforme constitutionnelle adoptée en mars, la Somalie fonctionnait avec un système indirect d'élection présidentielle, où les députés – eux-mêmes désignés par des délégués nommés par des clans – choisissaient le chef de l'État. La première élection au suffrage universel direct depuis 1969 a eu lieu en décembre 2022, mais son extension à l'échelle nationale reste incertaine. Les analystes soulignent les défis logistiques et sécuritaires, notamment face à la persistance des islamistes shebab.
Risque de nouvelle crise politique et sécuritaire
Alors que le président Hassan Cheikh Mohamoud fait face à des contestations de la part de certains États fédérés, la crainte d'une escalade violente persiste. Le pays, déjà marqué par des décennies d'instabilité depuis la chute du régime de Siad Barré en 1991, pourrait replonger dans un cycle de tensions. La mémoire des violences de 2021, déclenchées par la prolongation controversée du mandat de l'ancien président Farmaajo, reste vive.
