La Corse suspend son dispositif controversé pour attirer des touristes hors saison

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Un dispositif controversé suspendu en Corse

Le Conseil exécutif de Corse a annoncé, mardi 21 avril, la suspension temporaire du financement des vols hors saison touristique. Cette décision intervient après le dépôt d'un recours administratif par le préfet de Corse, Eric Jalon, qui estime que le système pourrait enfreindre le droit européen.

Un mécanisme censé dynamiser le tourisme hors saison

En octobre dernier, l'Assemblée de Corse avait validé un dispositif visant à attirer 250 000 touristes par an sur 12 lignes aériennes hors saison estivale. Le principe ? Acheter un volume minimum de passagers auprès des compagnies Air Corsica et Volotea, en échange d'un prix versé par la Collectivité. Selon les estimations, ce dispositif aurait coûté environ 500 000 euros pour 2025, puis 2,5 millions d'euros par an pour les années suivantes. Les autorités corses tablaient sur un retour économique de 100 millions d'euros annuels.

Un contentieux juridique en suspens

Le préfet a saisi la justice administrative le 3 avril, invoquant un possible manquement au droit européen. En attendant la résolution du litige, le Conseil exécutif a décidé de suspendre le dispositif. Malgré son interruption, le système aurait déjà permis d'accueillir plus de 15 000 visiteurs supplémentaires cet hiver. ## Un contentieux juridique oppose l'État et la Collectivité de Corse

Les services de l'État ont alerté à plusieurs reprises, en 2024 et 2025, la Collectivité de Corse sur les risques juridiques liés à son recours aux concessions de service aérien. Selon la préfecture, ce dispositif pourrait ne pas respecter le règlement européen sur les services aériens et être qualifié d'aide d'État. Face à l'absence d'accord entre les deux parties, le juge administratif sera désormais saisi pour trancher.

La Commission européenne s'en mêle

La préfecture a confirmé que la Commission européenne a adressé à la France une demande d'information pré-contentieuse, renforçant la pression sur les autorités françaises. Malgré ce contentieux, l'État assure partager l'objectif de la Collectivité de Corse d'étaler la saison touristique, mais conteste la méthode employée.

Un dispositif partiellement suspendu mais déjà efficace

Devant l'Assemblée de Corse, Gilles Simeoni, président du conseil exécutif, a défendu la conformité de son programme au droit interne et européen. Reconnaissant toutefois le risque d'annulation, il a suspendu le contrat en cours de contentieux. Selon lui, la mise en œuvre partielle du dispositif a déjà permis d'attirer plus de 15 000 visiteurs supplémentaires cet hiver.