Un 1er-Mai marqué par des mobilisations syndicales
Plus de 300 manifestations sont prévues à travers la France ce 1er mai, avec une participation estimée à plus de 100 000 personnes selon le ministère de l’Intérieur. Les syndicats profitent de cette journée internationale des travailleurs pour défendre le caractère férié du 1er mai, alors que le gouvernement envisage d’assouplir les règles pour certains commerces.
Tensions autour du travail le 1er mai

Le gouvernement souhaite autoriser les artisans boulangers et fleuristes à faire travailler leurs salariés ce jour férié, une mesure contestée par les syndicats. Marylise Léon, secrétaire générale de la CFDT, a rappelé sur Franceinfo que "la règle, ce n’est pas l’ouverture des commerces". La CGT dénonce une "cacophonie gouvernementale" favorisant la "délinquance patronale".
Revendications salariales au cœur des débats
Les syndicats exigent une hausse du SMIC, notamment en raison de l’inflation supérieure à 2 %. Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT, a réclamé une augmentation de 5 % du SMIC et son indexation sur les prix. À Paris, le cortège syndical, parti de la place de la République, a rassemblé des milliers de manifestants pour porter ces revendications. ## Un projet de loi controversé pour le 1er mai
Le gouvernement a abandonné une proposition de loi visant à autoriser le travail des salariés le 1er mai dans les commerces de bouche, les fleuristes et les établissements culturels. Cette initiative, portée notamment par l’ancien Premier ministre Gabriel Attal, avait suscité l’opposition unanime des syndicats. Le gouvernement envisage désormais de limiter cette mesure aux seuls artisans boulangers et fleuristes, sous réserve d’accords sectoriels, avec une entrée en vigueur prévue avant le 1er mai 2027.
Des tensions persistantes malgré les assurances
Dans l’attente d’une nouvelle législation, le flou persiste pour ce vendredi 1er mai. Le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou, a appelé à « l’intelligence collective » pour éviter des sanctions contre les boulangers et fleuristes employant des salariés sur la base du volontariat, avec une rémunération doublée. Une lettre de la direction générale du travail, consultée par l’AFP, rappelle aux agents de contrôle le contexte particulier de cette journée, en préparation d’une future loi.
Un débat qui dépasse les boulangeries
Dominique Anract, président de la Confédération nationale de la boulangerie, estime que 70 % des boulangeries seront ouvertes ce 1er mai. Cependant, les syndicats, dont la CGT, craignent des tensions entre inspecteurs du travail et artisans. Cécile Clamme, inspectrice syndiquée, souligne l’insuffisance des effectifs de contrôle et dénonce les pratiques illégales de certains supermarchés. Parallèlement, les candidats à la présidentielle, comme Gabriel Attal et Bruno Retailleau, utilisent ce sujet pour défendre leurs positions sur le travail.
