Une cérémonie syndicale annulée par le maire RN
Le maire de Liévin (Pas-de-Calais), Dany Paiva (Rassemblement national), a décidé d’annuler la traditionnelle cérémonie du 1er-Mai avec les syndicats locaux. Selon lui, ces organisations "sont là uniquement pour faire de la politique au niveau national et de la propagande". Une décision qui met fin à une pratique ancrée dans cette ville marquée par son histoire minière.
L’hommage aux mineurs maintenu
Seul l’hommage aux mineurs, habituellement suivi d’un discours syndical, sera préservé. La remise des médailles aux travailleurs, prévue lors de cette cérémonie, sera reportée à une date ultérieure dans l’année. Le maire justifie cette décision par un refus de mêler "politique et mémoire ouvrière".

Une polémique dans une ville ouvrière
Cette annulation intervient dans une commune de 30 000 habitants où le passé minier reste un symbole fort. Les syndicats, habitués à prendre la parole lors de cet événement, dénoncent une décision politique. La mairie, elle, assure vouloir préserver la neutralité de la commémoration. ## Une décision symbolique et controversée
La secrétaire générale de la CFDT Hauts-de-France, Perrine Mohr, a vivement critiqué les récentes décisions prises par des maires du Rassemblement national (RN) dans l’ancien bassin minier du Pas-de-Calais. Pour elle, ces actes « en disent long sur la considération portée aux travailleurs, sur la détestation des organisations syndicales et sur le manque de respect de l’histoire de nos territoires ».
Gilles Richy, secrétaire régional CFDT chargé du territoire Artois-Douaisis, a renchéri en qualifiant ces mesures de « historiques ». « Quand on s’y attaque, on s’attaque aux travailleurs, parce que les organisations syndicales portaient les doléances des travailleurs », a-t-il déclaré.
Des symboles retirés, des tensions accrues
Plusieurs communes du Pas-de-Calais, historiquement ancrées à gauche, ont élu des maires RN lors des dernières élections municipales. Douze nouvelles mairies ont ainsi basculé, portant à quatorze le nombre de communes dirigées par l’extrême droite dans cette région.
À Harnes, le nouveau maire, Anthony Garénaux-Glinkowski (RN), a retiré les drapeaux européen et ukrainien du fronton de la mairie, les remplaçant par des drapeaux tricolores. « Dans la Constitution, il n’existe qu’un seul drapeau : le drapeau tricolore bleu, blanc, rouge », a-t-il justifié. Il a également fait retirer un buste de Robespierre de la salle du conseil municipal, estimant que « le pire guillotineur de l’histoire française n’avait rien à y faire ».
Une plaque honoraire retirée à Grenay
À Grenay, la nouvelle majorité RN a décidé de retirer une plaque honorant Georges Ibrahim Abdallah, militant libanais propalestinien, qui était citoyen d’honneur de la commune. Ces décisions, jugées symboliques, alimentent les tensions politiques dans une région marquée par son histoire ouvrière et syndicale.
