Un retrait de subvention motivé par des choix artistiques et financiers
Le festival Rock en Seine, qui se tient chaque année à Saint-Cloud (Hauts-de-Seine), ne bénéficiera pas des subventions de la région Île-de-France pour l’édition 2026. Cette décision, confirmée vendredi par l’exécutif régional, s’inscrit dans la continuité du retrait des financements en 2025, déjà justifié par la programmation controversée du groupe Kneecap.
La région a notamment évoqué la tribune publiée en 2025 par Matthieu Pigasse, l’un des organisateurs du festival, ainsi que la détention partielle de l’événement par une major américaine. « Nous préférons financer des festivals indépendants plutôt que ceux soutenus par une major », a déclaré Florence Portelli, vice-présidente LR chargée de la culture, lors d’une commission de l’assemblée régionale.
Une polémique liée à la programmation de Kneecap

Le groupe de rap nord-irlandais Kneecap, programmé en 2025, avait provoqué la colère des autorités locales après avoir été poursuivi pour avoir arboré un drapeau du Hezbollah lors d’un concert en 2024. Bien que les poursuites pour « infraction terroriste » aient été abandonnées en mars dernier, cette programmation avait déjà conduit au retrait des subventions de la ville de Saint-Cloud et de la région pour l’édition 2025.
Les organisateurs de Rock en Seine ont dénoncé un « signal très mauvais » de la part de la région, soulignant les difficultés financières croissantes pour un événement culturel majeur en Île-de-France.
Un choix politique au-delà des considérations artistiques
La décision de la région Île-de-France s’inscrit dans une logique plus large de soutien aux structures indépendantes, au détriment des festivals soutenus par des acteurs majeurs de l’industrie musicale. Cette orientation politique pourrait avoir des répercussions sur d’autres événements culturels de la région, où les subventions publiques jouent un rôle clé dans l’équilibre économique des festivals. ## Un actionnaire controversé au cœur du festival Rock en Seine
Matthieu Pigasse, banquier d’affaires et figure médiatique engagée à gauche, détient une partie du festival Rock en Seine via son groupe Combat (Les Inrocks, Nova). Cette participation s’effectue aux côtés du géant américain AEG, spécialiste du divertissement. Face aux critiques liées à ses prises de position, Matthieu Ducos, directeur du festival, a tenu à clarifier la situation : « Le festival, les artistes et les collaborateurs ne peuvent pas être tenus responsables pour les prises de position d’un de ses actionnaires. Il faut vraiment séparer les choses », a-t-il déclaré à l’AFP.
Des subventions régionales menacées
Les subventions publiques, notamment celles de la région Île-de-France et, dans une moindre mesure, de la ville de Saint-Cloud, représentent environ 450 000 euros d’aides directes. Matthieu Ducos a souligné que ces fonds ne servaient pas à équilibrer le budget du festival, mais à financer des tarifs réduits ou à soutenir des artistes locaux émergents. « C’est un signal très mauvais pour les bénéficiaires », a-t-il déploré, évoquant les risques liés à une éventuelle suspension de ces aides.
Une édition 2024 maintenue malgré les tensions
La prochaine édition du festival est prévue du 26 au 30 août. Malgré les polémiques, l’organisation assure que le programme et les conditions d’accès resteront inchangés. Les discussions avec les autorités locales se poursuivent pour garantir la pérennité des soutiens financiers, essentiels à la dynamique culturelle du festival.
