Un front commun face aux défis géopolitiques
Lors du sommet de la Communauté politique européenne (CPE) à Erevan, l’Europe et le Canada ont affiché une solidarité sans faille, marquant leur opposition aux dérives transactionnelles et unilatérales incarnées par Donald Trump. Le Premier ministre canadien, Mark Carney, a ouvert les débats en soulignant la nécessité de résister à un monde « plus insulaire et brutal ». Cette réunion, inédite par la présence d’un dirigeant non-européen, illustre une volonté commune de contrebalancer l’influence des puissances hégémoniques.
Une réponse coordonnée aux provocations américaines
Les récentes décisions de Donald Trump, notamment le retrait de 5 000 soldats américains d’Allemagne et les menaces de surtaxes douanières, ont servi de catalyseur à cette alliance. Emmanuel Macron a dénoncé une « dépendance excessive » à la protection américaine, tout en saluant l’engagement de Carney comme un signe de convergence stratégique. Le sommet a permis de consolider des coopérations concrètes, allant de la lutte contre les trafics à la défense des démocraties face aux ingérences étrangères.

Des engagements concrets pour l’avenir
À l’issue des discussions, Macron a salué la clarté des ambitions partagées, notamment sur la reconstruction d’un ordre international fondé sur les règles et la coopération. Les participants ont acté des collaborations renforcées en matière de sécurité énergétique, de connectivité et de protection contre la désinformation. Par ailleurs, le président français a évoqué la nécessité d’une réponse européenne aux « profits excessifs » des entreprises comme Total Energy, sans préciser les mesures envisagées. ## Contexte géopolitique et tensions énergétiques
Un responsable européen a écarté l’idée d’une manipulation des prix de l’énergie par des producteurs, soulignant que la hausse des coûts s’explique principalement par le blocus du détroit d’Ormuz, une voie stratégique par laquelle transite 20 % de la production mondiale d’hydrocarbures. Il a appelé à une « réouverture pacifique » de cette route maritime cruciale.
Renforcement de la défense européenne et soutien à l’Ukraine
Lors du sommet à Erevan, les dirigeants européens ont insisté sur la nécessité de renforcer les capacités de défense du continent, notamment après le retrait partiel des troupes américaines d’Allemagne. La haute représentante de l’UE, Kaja Kallas, a souligné l’importance de consolider le « pilier européen » de l’OTAN.
Le soutien à l’Ukraine a également été au cœur des discussions, avec l’UE ayant pris le relais des États-Unis pour financer l’effort de guerre de Kiev. Un prêt de 90 milliards d’euros a été validé le mois dernier. Volodymyr Zelensky a exhorté les Européens à maintenir les sanctions contre la Russie, estimant qu’il fallait « pousser » Vladimir Poutine vers une solution diplomatique.
Dynamique européenne en Arménie et enjeux régionaux
La présence de Zelensky en Arménie, ancienne république soviétique alliée de Moscou, marque un symbole fort. Parmi les absents notables, le chancelier allemand Friedrich Merz et le président turc Recep Tayyip Erdogan. Le premier ministre espagnol Pedro Sánchez, retardé par un problème technique, a finalement rejoint le sommet.
La réunion du Conseil européen des partenaires (CPE) sera suivie d’un sommet UE-Arménie, tandis que le président français entamera une visite d’État en Arménie. Ces rencontres permettent aux Européens d’affirmer leur soutien à l’Arménie, à un mois d’élections législatives cruciales.
L’Arménie, sous l’impulsion de son premier ministre Nikol Pachinian, cherche à approfondir ses liens avec l’UE. Bien que sa candidature officielle n’ait pas encore été déposée, le pays a adopté une loi en 2025 déclarant son intention de rejoindre l’Union. Vladimir Poutine a toutefois prévenu qu’une telle adhésion serait « impossible » en raison des liens économiques avec la Russie.
