Un mécanisme né de la canicule de 2003
Instaurée après la canicule meurtrière de 2003, la journée de solidarité vise à financer la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie (CNSA). Initialement fixée au lundi de Pentecôte, cette mesure a été assouplie en 2008, permettant aux entreprises de choisir le jour travaillé. Depuis sa création, elle a rapporté plus de 35 milliards d’euros.
Des modalités variables selon les employeurs

La réforme de 2008 a donné plus de flexibilité aux entreprises, qui peuvent désormais opter pour un autre jour que le lundi de Pentecôte. Certaines réduisent les RTT, d’autres suppriment un jour de congé, mais le principe reste le même : 7 heures non rémunérées par an. Certaines entreprises, comme la SNCF, ont choisi de répartir la charge sur l’année.
Un impact économique limité et des critiques persistantes
Selon une étude de 2016, l’activité économique chutait de 70 % le lundi de Pentecôte, malgré les assouplissements. Les syndicats, comme la CFTC, dénoncent une répartition inéquitable de l’effort, notamment entre salariés du privé et professions libérales. Chaque année, des appels à la grève sont lancés pour contester cette journée non payée. ## Un système de financement controversé
La journée de solidarité, instaurée en 2004, permet aux employeurs de bénéficier d’une journée de travail supplémentaire sans compensation salariale. En contrepartie, ils versent 0,3 % de leur masse salariale à la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie (CNSA). Cette contribution, appelée CSA, est également prélevée sur les revenus du capital (hors épargne populaire) et, depuis 2013, sur les pensions des retraités imposables (CASA). Ces fonds financent des dispositifs d’aide aux personnes âgées et handicapées.
Des fonds mal utilisés ?
En 2017, la CNSA a collecté plus de 3 milliards d’euros, dont 60 % destinés aux personnes âgées et 40 % aux handicapés. Cependant, une partie des sommes issues de la CASA n’a pas été dépensée, notamment en raison d’un décalage entre la création de la contribution et l’adoption de la loi sur l’autonomie. En 2017, 10 % des fonds restaient inutilisés, contre 37 % en 2016. Des critiques pointent un détournement partiel vers l’Assurance-maladie ou les finances de l’État, malgré les assurances de la CNSA sur leur réaffectation future.
Des interrogations sur la transparence
Des voix s’élèvent pour dénoncer un manque de transparence dans l’utilisation des fonds. Un rapport de 2010 évoquait 1,8 milliard d’euros d’excédents non utilisés, tandis que l’État a réduit ses contributions à la CSG pour compenser la "cagnotte" de la CASA. La CNSA assure que ces réserves serviront à des dépenses futures, mais les doutes persistent sur l’efficacité réelle du dispositif.
