Scission historique au Tavini : 15 élus quittent le parti et affaiblissent le gouvernement polynésien

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Une scission historique au sein du Tavini

Quinze élus polynésiens ont officiellement quitté le groupe indépendantiste Tavini pour former un nouveau parti, A Fano Ti’a (Gardons le cap, en tahitien). Cette rupture, annoncée mercredi 8 avril à Papeete, prive le gouvernement de sa majorité absolue à l’Assemblée de la Polynésie française, composée de 57 membres.

À la tête de cette nouvelle formation, Tematai Le Gayic, 25 ans, ancien député et figure montante de la politique locale. Les dissidents, proches du président Moetai Brotherson, justifient leur départ par des divergences idéologiques avec le Tavini, qu’ils accusent de « radicalité, rigidité et extrémisme ».

Un contexte politique tendu

La scission s’est concrétisée après les élections municipales de mars, où Tematai Le Gayic, non soutenu par le Tavini, a perdu à Papeete malgré un score honorable. D’autres figures du parti, comme Steve Chailloux, Thilda Harehoe et Pauline Niva, ont également rejoint le mouvement.

Cette division affaiblit considérablement le gouvernement, désormais privé de sa majorité absolue. Elle pourrait redessiner le paysage politique polynésien, marqué par des tensions croissantes entre modérés et indépendantistes radicaux.

Des conséquences immédiates pour le gouvernement

Avec 15 élus en moins, le Tavini perd sa position dominante à l’Assemblée. Le nouveau groupe A Fano Ti’a, présidé par Tematai Le Gayic, pourrait jouer un rôle clé dans les prochains votes, notamment sur les projets de loi locaux.

Cette crise interne intervient alors que la Polynésie française traverse une période de réformes économiques et sociales, nécessitant un consensus politique. Les prochaines semaines seront déterminantes pour évaluer l’impact de cette scission sur la stabilité gouvernementale. ## Un clivage profond au sein du Tavini

La ligne dure du parti indépendantiste polynésien, incarnée par son président-fondateur Oscar Temaru (81 ans) et son vice-président Antony Géros, s’oppose frontalement aux positions plus modérées du président polynésien. Alors que Temaru et Géros prônent une souveraineté rapide, le chef de l’exécutif local appelle à une approche plus progressive, estimant nécessaire de préparer méthodiquement cette transition.

Des alliances et positions controversées

Les élus démissionnaires du Tavini reprochent à leur ancien parti des prises de position jugées controversées. Le rapprochement avec l’Azerbaïdjan, connu pour ses tentatives de déstabilisation des collectivités françaises d’outre-mer, a particulièrement suscité des critiques. Par ailleurs, Oscar Temaru a milité en faveur de l’exploitation des ressources minières sous-marines, une option fermement rejetée par Moetai Brotherson pour des raisons écologiques.

Vers une scission politique ?

Les élus du groupe A Fano Ti’a ont annoncé que Moetai Brotherson présenterait jeudi 9 avril un « manifeste » lors d’une séance à l’Assemblée, marquant la naissance d’un nouveau mouvement politique. Cette initiative intervient alors que le Tavini d’Oscar Temaru n’a pas réagi aux critiques formulées à son encontre. La question de l’indépendance, et des méthodes pour y parvenir, reste au cœur des tensions.

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