Une restriction inédite imposée par Washington
Planet Labs PBC, l’un des principaux fournisseurs d’images satellitaires, a suspendu la diffusion de ses clichés haute résolution couvrant une vaste zone du Moyen-Orient, conformément à une demande formelle du gouvernement américain. Cette mesure, annoncée samedi 4 avril, s’applique aux territoires s’étendant de Gaza à l’Afghanistan et de l’Ouzbékistan au Yémen, comme l’a constaté *Le Monde*.
Un accès désormais limité et conditionnel

Les clients de Planet Labs, dont *Le Monde*, ne peuvent plus accéder aux images prises depuis le 9 mars. Ces données, habituellement disponibles quelques heures après leur capture, ne seront désormais transmises qu’au cas par cas, sur demande expresse et après évaluation par l’entreprise. Cette décision marque un durcissement des règles d’accès, déjà renforcées ces dernières semaines.
Un contexte géopolitique tendu
La restriction intervient dans un contexte de tensions accrues au Moyen-Orient, où les images satellitaires jouent un rôle clé dans la couverture médiatique et l’analyse des conflits. Planet Labs justifie cette mesure par la nécessité de se conformer aux directives américaines, sans préciser la durée de cette suspension. ## Une restriction qui complique les enquêtes journalistiques
Planet Labs PBC, l’un des principaux fournisseurs d’images satellitaires, a annoncé une limitation de ses services pour les médias couvrant le Moyen-Orient. Dans un communiqué, l’entreprise précise que cette mesure, motivée par des contraintes légales américaines, restera en vigueur « jusqu’à la fin du conflit ». Cette décision, déjà appliquée par d’autres acteurs comme Vantor (ex-Maxar), restreint l’accès à des données essentielles pour documenter des crises géopolitiques.
Un outil clé pour le journalisme d’investigation
L’imagerie satellite est un outil indispensable pour les journalistes, notamment dans les zones de conflit ou difficiles d’accès. Elle permet de localiser et dater des événements, comme l’ont démontré des enquêtes récentes du *New York Times*, du *Washington Post* ou de CNN. Le *Monde* a notamment utilisé ces images pour révéler des bombardements en Iran, la colonisation en Cisjordanie ou des convois d’uranium au Niger. Les restrictions imposées par Planet Labs PBC rendent désormais ces investigations plus complexes.
Un cadre légal contraignant
La législation américaine autorise les autorités à limiter l’exploitation commerciale d’images satellitaires en haute résolution pour des motifs de sécurité nationale ou de politique étrangère. Si cette mesure ne rend pas impossible le travail des médias, elle le complique considérablement, notamment dans des régions où l’accès à l’information est déjà restreint. Les journalistes devront désormais s’adapter à ces nouvelles contraintes pour continuer à documenter les crises.
