Turquie : répression en ligne et colère après les fusillades scolaires meurtrières

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Répression en ligne après les fusillades scolaires

En Turquie, les autorités ont interpellé 162 personnes et bloqué plus de 1 000 comptes sur les réseaux sociaux dans la foulée des deux attaques meurtrières survenues dans des établissements scolaires. Le ministre de la justice, Akin Gurlek, a justifié ces mesures en dénonçant des contenus "susceptibles de semer la peur, l’anxiété et la panique" ou faisant "l’apologie du crime".

La police turque a précisé avoir émis des mandats d’arrêt contre 83 individus accusés de troubler l’ordre public via des publications en ligne. Ces arrestations interviennent après la tuerie de mercredi, qui a coûté la vie à huit élèves et une enseignante, et celle de mardi, où un adolescent avait blessé 16 personnes dans un lycée technique.

Deux attaques en une semaine

La seconde fusillade, survenue à Kahramanmaras, a été perpétrée par un adolescent de 14 ans. Les enquêteurs ont révélé que le jeune homme utilisait sur WhatsApp une image en référence à Elliot Rodger, auteur d’une tuerie aux États-Unis en 2014. Ces événements ont provoqué une vague d’indignation, avec des manifestations d’enseignants à Ankara réclamant la démission du ministre de l’éducation.

Mobilisation des enseignants

Plusieurs milliers de professeurs ont défilé jeudi dans la capitale turque, brandissant des pancartes et scandant des slogans accusateurs comme "Où étiez-vous quand nos enfants étaient en train de mourir ?". Ces rassemblements reflètent une colère grandissante face à l’inaction des autorités après ces drames successifs. ## Un ancien inspecteur de police interpellé après la tuerie

Le père du tireur, identifié comme un ancien inspecteur de police, a été arrêté mercredi et placé en détention provisoire. Le parquet de Kahramanmaras a révélé jeudi que l’adolescent avait prémédité une attaque « d’ampleur », selon un document daté du 11 avril retrouvé sur son ordinateur.

Huit enfants et une enseignante tués dans une école primaire

Les huit élèves victimes de l’attaque, cinq garçons et trois filles âgés de 10 à 11 ans, ainsi qu’une enseignante de 55 ans, ont été tués mercredi. L’auteur de la tuerie, mort dans des circonstances encore floues, avait utilisé des armes appartenant à son père, selon les premières investigations. Les écoles de la province resteront fermées jeudi et vendredi.

Aucun lien avec le terrorisme, selon les autorités

Les perquisitions menées au domicile du tireur et dans le véhicule de son père ont permis de saisir des supports numériques en cours d’analyse. La police turque a écarté tout lien avec le terrorisme, évoquant un acte isolé. Ce type d’incident reste rare en Turquie, malgré la circulation estimée à des dizaines de millions d’armes illégales.