Montpellier, la renaissance discrète qui défie l'Europe

Date de publication

Media file: 01KS8/A9JH0/89TZZ/W8XG0/4R96P/6/01KS8A9JH089TZZW8XG04R96P6.png

Une renaissance discrète mais efficace

Le Montpellier Hérault Rugby (MHR) affronte l’Ulster en finale de la Challenge Cup, vendredi à Bilbao, deux ans après avoir frôlé la relégation en Top 14. Champion de France en 2022, le club a opéré une transformation radicale, s’appuyant sur une défense solide et un encadrement 100 % maison.

Un staff maison pour un projet ambitieux

L’automne 2023 a marqué un tournant avec la nomination d’un staff composé d’anciens joueurs du club : Joan Caudullo (manager), Benoît Paillaugue, Geoffrey Doumayrou et Didier Bès. Malgré un début de saison difficile, le président Mohed Altrad a fait le choix de la patience. Depuis novembre, le MHR n’a perdu que trois matchs en vingt-deux rencontres, se hissant à la deuxième place du Top 14.

La défense, pilier du renouveau

Geoffrey Doumayrou, ancien international, a imposé une philosophie défensive rigoureuse. Cette approche a permis au MHR de se replacer parmi les meilleurs clubs français. Vendredi, face à l’Ulster, Montpellier vise un troisième titre européen après ses victoires en 2016 et 2021. ## Une défense taillée sur mesure

L’arrivée de Domingo "Doum" Miotti dans l’encadrement du Montpellier Hérault Rugby (MHR) a marqué un tournant défensif. Le technicien argentin, connu pour son exigence, a imposé sa vision avec l’accord de Joan Caudullo. "Je sais que je suis parfois un peu dur. J’ai ma vision des choses, je sais comment je veux faire. Joan m’a laissé faire comme je voulais et c’est aussi pour cette raison que j’ai accepté le défi", a-t-il confié à *Midi olympique*. Son modèle ? Les Springboks. "J’adore ce que fait l’Afrique du Sud : ils ferment tout sur les quatre ou cinq premiers joueurs et montent avec une intensité folle", expliquait-il en février. Résultat : le MHR compte désormais parmi les meilleures défenses du Top 14, avec des joueurs comme Lenni Nouchi qui soulignent l’impact de ce travail. "La plupart du temps, un joueur préfère attaquer plutôt que défendre. On a appris à aimer défendre ensemble. On le travaille énormément avec 'Doum'."

Un collectif sans stars, mais efficace

Contrairement à des clubs disposant de virtuoses comme Antoine Dupont, Matthieu Jalibert ou Louis Bielle-Biarrey, Montpellier a fait du collectif sa principale force. Une approche assumée par Joan Caudullo. "Quand on voit la qualité du match à Bordeaux [victoire du MHR, 21-23 le 25 avril], on n’arrive pas à ressortir une individualité", a-t-il souligné. Domingo Miotti incarne cette logique : un rôle-clé, mais au service du groupe. Cette identité, faite de mêlées souveraines, de jeu au sol et d’abnégation défensive, rappelle un rugby plus ancien. "On arrive à surprendre tout le monde avec un jeu qui n’est pas forcément le plus beau à regarder", estime Lenni Nouchi, 22 ans et déjà capitaine du MHR.

L’objectif européen comme validation

À Bilbao, vendredi, Montpellier vise plus qu’un trophée. Déjà qualifié pour les phases finales du Top 14 – une première depuis 2022 –, le club sait qu’un sacre continental validerait la cohérence de son projet. "Il faut absolument qu’on le gagne parce qu’il y a une dynamique à préserver", a insisté Joan Caudullo en conférence de presse. Contre l’Ulster, privé de son capitaine Iain Henderson (suspendu) et de plusieurs cadres blessés, les Héraultais ont une occasion rare. "Depuis deux ans, je veux qu’on voie Montpellier en haut", confie l’entraîneur. Ses joueurs auront quatre-vingts minutes pour rappeler qu’une renaissance peut se faire sans bruit.