Cadmium : un dépistage enfin remboursé pour protéger les Français

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Un accord pour le remboursement du dépistage du cadmium

Les représentants des biologistes médicaux et l’Assurance-maladie ont finalisé un accord sur le tarif du dépistage de l’exposition au cadmium, ouvrant la voie à son remboursement dans les laboratoires de ville. Cette avancée, annoncée mardi 7 avril, devrait permettre une prise en charge rapide, comme l’avait promis en juin 2025 l’ancien ministre de la Santé, Yannick Neuder.

Un métal toxique largement présent dans l’alimentation

Le cadmium, présent dans les engrais phosphatés utilisés en agriculture, contamine fortement les Français via des aliments comme les céréales ou le pain. Jusqu’à présent, le dépistage était déjà remboursé à l’hôpital, mais cette extension à la médecine de ville vise à faciliter l’accès aux personnes à risque.

Une recommandation de la HAS enfin concrétisée

La Haute Autorité de santé (HAS) préconisait depuis longtemps la prise en charge de ce test. L’accord conclu entre les syndicats de biologie médicale et l’Assurance-maladie marque une étape décisive, comme l’a souligné Yannick Neuder sur le réseau social X. Le remboursement devrait être effectif dans les prochains mois. ## Un accord pour le remboursement du dosage du cadmium

Deux syndicats de biologistes médicaux, le Syndicat des biologistes (SDBIO) et le Syndicat national des médecins biologistes (SNMB), ont confirmé à l'AFP la conclusion d'un accord en mars dernier. Celui-ci prévoit l'ajout du dosage sanguin et urinaire du cadmium à la liste des actes remboursés, à un tarif de 27,50 euros. La prise en charge sera partagée entre l'Assurance-maladie (60 %) et les complémentaires santé (40 %).

Des conditions strictes pour éviter les abus

L'accord inclut une clause de régulation : si le nombre de dépistages du cadmium dépasse celui des dépistages du plomb, les parties devront renégocier le tarif. Cette mesure vise à encadrer les prescriptions et à éviter une surutilisation du test. La validation finale de l'accord dépend encore de plusieurs instances, dont le conseil de l'Union nationale des caisses d'assurance maladie (Uncam), avant sa publication au Journal officiel, prévue dans un délai de deux à trois mois.

Un enjeu sanitaire majeur

Selon l'Anses, près de la moitié de la population française présentait en 2025 une exposition au cadmium dépassant les valeurs sanitaires de référence. Ce métal, faiblement éliminé par l'organisme, est classé cancérogène, mutagène et toxique pour la reproduction. La Haute Autorité de Santé (HAS) recommande un dépistage ciblé pour les personnes résidant dans des zones où les sols sont contaminés au-delà des seuils critiques.