Nouvelle-Calédonie : un vote serré pour une réforme électorale controversée

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Un vote serré pour une réforme électorale en Nouvelle-Calédonie

Le Congrès de la Nouvelle-Calédonie a adopté de justesse un avis favorable à la modification du corps électoral pour les élections provinciales. Le scrutin, marqué par 25 voix pour, 14 contre et 14 abstentions, illustre les divisions persistantes autour de ce dossier sensible.

Un accord contesté et une procédure de la dernière chance

La réforme, initialement prévue par l’accord de Bougival, visait à élargir le droit de vote aux résidents justifiant de 15 ans de présence, puis 10 ans. Le rejet du texte par l’Assemblée nationale le 3 avril a relancé les débats. Le gouvernement a alors proposé une alternative via une loi constitutionnelle déposée en 2025 par le sénateur Georges Naturel, visant à intégrer 10 569 personnes nées en Nouvelle-Calédonie mais actuellement exclues du corps électoral.

Une extension limitée et des amendements en discussion

Le texte, examiné dès lundi au Sénat, inclut un amendement visant à accorder le droit de vote aux conjoints de Calédoniens résidant depuis au moins cinq ans, soit 1 500 à 1 800 personnes. Cette mesure, défendue par la ministre des Outre-mer Naïma Moutchou, pourrait encore évoluer avant son examen final à l’Assemblée nationale. ## Un accord global nécessaire pour le FLNKS

Le FLNKS, par la voix de son chef de groupe Pierre-Chanel Tutugoro, a réaffirmé sa position en faveur de l’ouverture du corps électoral aux natifs, mais uniquement dans le cadre d’un accord global. Les 13 élus du groupe UC-FLNKS ont ainsi voté contre la proposition actuelle, jugée trop partielle. « Après l’échec de Bougival, la montagne a accouché d’une souris », a ironisé Milakulo Tukumuli, de l’Eveil océanien, un parti non aligné sur la question indépendantiste. Son mouvement a toutefois apporté son soutien au texte, tout en soulignant que le Conseil constitutionnel pourrait invalider la disposition concernant les conjoints, estimée discriminatoire.

Les loyalistes divisés sur le texte

Les non-indépendantistes, notamment les Loyalistes et le Rassemblement-Les Républicains, ont voté en faveur du projet. Cependant, Sonia Backès, cheffe de file des Loyalistes, a critiqué « la faiblesse de l’État » et plaidé pour une ouverture plus large du corps électoral, incluant toute personne justifiant de dix ans de résidence. Cette position reflète les tensions persistantes autour de la réforme électorale, qui a déjà provoqué des violences en 2024, faisant 14 morts et 2 milliards d’euros de dégâts.

Des élections provinciales enfin fixées

Après trois reports, les élections provinciales, initialement prévues il y a deux ans, sont désormais programmées pour le 28 juin. Plus de 180 000 électeurs figurent sur la liste électorale spéciale pour ces scrutins, contre 220 000 sur la liste générale. Ce scrutin, hautement symbolique, intervient dans un contexte politique toujours tendu, marqué par des divisions profondes sur l’avenir institutionnel de la Nouvelle-Calédonie.