Procédure disciplinaire contre deux responsables de l’ordre des médecins
L’actuel et l’ancien président de l’ordre des médecins du Finistère font l’objet d’une procédure disciplinaire pour des manquements présumés dans le cadre de l’affaire Joël Le Scouarnec. Cette décision, confirmée par l’Agence France-Presse (AFP), intervient après une plainte déposée en janvier par l’association L’Enfant bleu. Le conseil national de l’ordre des médecins a renvoyé les deux hommes devant la chambre disciplinaire de Bretagne, selon Jean-Christophe Boyer, avocat de l’association.
Des accusations de négligence déontologique

L’association L’Enfant bleu avait porté plainte contre trois médecins ayant exercé des responsabilités en 2006, estimant que leur gestion du dossier Le Scouarnec avait été marquée par des « manquements graves aux obligations déontologiques ». Le troisième praticien visé par la plainte est décédé récemment. Me Boyer a souligné que les deux responsables encore en vie « vont devoir rendre des comptes », tout en appelant à un débat « impartial » pour évaluer leur éventuelle responsabilité.
Un scandale médical aux conséquences lourdes
Condamné en mai 2025 à vingt ans de réclusion par la cour criminelle du Morbihan, Joël Le Scouarnec avait été reconnu coupable de violences sexuelles sur 299 victimes, majoritairement des patients mineurs et en « état d’endormissement » au moment des faits. Cette affaire, l’une des plus graves du genre en France, a relancé les interrogations sur les défaillances du système de contrôle médical. ## Un médecin condamné pour détention d'images pédopornographiques continue d'exercer pendant 12 ans
Joël Le Scouarnec, condamné en 2005 à quatre mois de prison avec sursis pour détention d'images pédopornographiques, a poursuivi son activité médicale sans interruption jusqu'à son arrestation en 2017. Exerçant au centre hospitalier de Quimperlé (Finistère) et dans plusieurs établissements de l'ouest de la France, son passé judiciaire était connu du conseil de l'ordre des médecins du Finistère, qui l'avait auditionné. Le médecin avait reconnu les faits, mais l'instance avait estimé à une large majorité (18 voix contre, une abstention) que la consultation de telles images ne constituait pas une atteinte à la déontologie médicale.
Une décision controversée et des responsabilités en question
L'ordre des médecins du Finistère avait choisi de ne pas sanctionner Le Scouarnec, laissant à l'administration le soin de "gérer" la situation. Cette approche a été vivement critiquée, notamment par Me Boyer, qui souligne la nécessité de réformes structurelles pour éviter de tels dysfonctionnements. Contacté par l'AFP, le conseil national de l'ordre des médecins n'a pas souhaité réagir. Les responsables locaux et les deux praticiens impliqués n'étaient pas joignables samedi.
Une enquête ouverte pour non-assistance à personne en danger
À la suite du procès Le Scouarnec, le parquet de Lorient a annoncé en juillet 2025 l'ouverture d'une information judiciaire contre X pour "abstention volontaire d'empêcher des crimes ou délits". Cette procédure vise à déterminer les éventuelles responsabilités dans le maintien en fonction d'un médecin condamné pour des infractions graves.
