Une présidence sous influence
Laura Fernández, 39 ans, a été investie présidente du Costa Rica le 8 mai, succédant à Rodrigo Chaves, son mentor politique. Bien qu’élue sur un programme de lutte contre le narcotrafic, son pouvoir s’exercera sous l’ombre de Chaves, qu’elle a nommé "super-ministre" chargé des finances et de la présidence. Ce poste stratégique lui confère un contrôle direct sur l’agenda économique et politique du gouvernement. Chaves, visé par des enquêtes pour corruption, conserve ainsi une influence majeure.
Un pays en crise sécuritaire

Le Costa Rica, autrefois modèle de stabilité en Amérique latine, fait face à une explosion des violences liées au crime organisé. Avec un record d’homicides, la nouvelle présidente a promis une réponse "musclée" lors de son discours d’investiture. "Je n’aurai pas la main qui tremble pour affronter le crime organisé", a-t-elle déclaré, soulignant la priorité accordée à la sécurité. La cérémonie, organisée au stade national de San José, a rassemblé des milliers de Costa-Ricains, alors que le gouvernement avait décrété un jour férié.
Un mandat sous haute surveillance
Fernández, politologue de formation, entame un mandat de quatre ans marqué par des défis majeurs. Son élection, largement remportée le 1er février, s’est appuyée sur l’héritage de Chaves, mais son action sera scrutée de près. La remise de la ceinture présidentielle par Yara Jiménez, présidente de l’Assemblée, a symbolisé le transfert de pouvoir dans ce pays de 5,2 millions d’habitants. Entre promesses de fermeté et héritage politique complexe, son mandat s’annonce délicat. ## Une présidence inspirée par Bukele
Laura Fernández, nouvelle présidente du Costa Rica, a annoncé son intention de s’inspirer du modèle salvadorien de Nayib Bukele pour lutter contre la criminalité. Elle prévoit la construction d’une prison de haute sécurité similaire au Centre contre le terrorisme (Cecot) et envisage d’instaurer des États d’exception dans les zones les plus touchées par la violence. Son approche s’inscrit dans une tendance régionale où plusieurs pays, comme le Chili, la Bolivie et le Honduras, ont récemment basculé vers la droite.
Un pouvoir renforcé, des critiques sur l’autoritarisme
Avec 31 députés sur 57 soutenant son projet de réforme de l’État, Fernández dispose d’une majorité solide pour modifier le système judiciaire, qu’elle accuse d’être un frein à la sécurité. Des analystes, comme le politologue Daniel Zovatto, alertent sur une possible concentration du pouvoir, comparable à celle de Bukele. Cependant, le sociologue Constantino Urcuyo tempère, soulignant que les institutions costariciennes restent suffisamment solides pour résister à un glissement autoritaire.
Un contexte politique marqué par des alliances et des controverses
Alliée de Donald Trump, Fernández incarne une droite montante en Amérique latine. Son prédécesseur, Rodrigo Chaves, bien que contraint d’attendre deux mandats avant de se représenter, conserve une influence via son poste de ministre, lui offrant une immunité face aux enquêtes pour corruption. Cette situation illustre les tensions entre réformes sécuritaires et respect des contre-pouvoirs dans la région.
