Lula humilié : le Parlement brésilien annule son veto et favorise Bolsonaro

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Un revers pour Lula : le Parlement brésilien annule son veto sur une loi favorable à Bolsonaro

Le Congrès brésilien a invalidé, jeudi 30 avril, le veto du président Luiz Inácio Lula da Silva sur une loi modifiant le calcul des peines de détention. Cette décision, adoptée par 318 voix contre 144 à la Chambre des députés et 49 contre 24 au Sénat, profite directement à l’ancien président d’extrême droite Jair Bolsonaro, condamné pour son rôle dans une tentative de coup d’État.

Les parlementaires conservateurs ont célébré le résultat en scandant « Liberté ! » dans l’hémicycle, tandis que Flavio Bolsonaro, fils de l’ex-chef d’État, a salué sur X un « premier pas vers la justice » pour les condamnés du 8 janvier 2023.

Une loi controversée au cœur des tensions préélectorales

Le texte, adopté fin 2023 et censuré par Lula en janvier, pourrait également réduire les peines des participants aux émeutes de janvier 2023, qualifiées de « putschistes » par la Cour suprême. Cette décision intervient à six mois de l’élection présidentielle, où Lula, 80 ans, affrontera notamment Flavio Bolsonaro, candidat du camp conservateur.

Lula essuie deux défaites en 24 heures

Cette annulation fait suite au rejet, mercredi, de son candidat à la Cour suprême, une première depuis des décennies. Ces revers soulignent les tensions politiques à moins d’un an du scrutin, alors que le président de gauche cherche à obtenir un quatrième mandat historique. ## Un vote controversé sur l’amnistie de Bolsonaro

Le Sénat brésilien a adopté une loi controversée permettant une réduction des peines pour les condamnés politiques, une mesure perçue comme un soutien à Jair Bolsonaro. L’ancien président, condamné à 27 ans de prison pour tentative de coup d’État, pourrait voir sa peine réévaluée grâce à ce texte. Ses avocats devront désormais saisir la Cour suprême pour demander un recalcul de sa détention.

Tensions politiques et craintes démocratiques

Le débat a été marqué par des échanges virulents entre partisans et opposants à la loi. Luciano Zucco, député bolsonariste, a affirmé que la droite espérait une "amnistie générale" en cas de victoire de Flavio Bolsonaro, fils de l’ex-président, à la présidentielle d’octobre. À l’inverse, Gleisi Hoffmann (PT) a dénoncé un risque de "légitimation des coups d’État", rappelant que Bolsonaro avait tenté de s’accrocher au pouvoir après sa défaite de 2022.

Un pays divisé face à son passé autoritaire

Plusieurs élus de gauche ont mis en garde contre une résurgence des menaces sur la démocratie, évoquant les souvenirs de la dictature militaire (1964-1985). Pedro Uczai, leader du PT à la Chambre des députés, a qualifié la séance de "dangereuse", soulignant l’avancée de l’extrême droite. Le Brésil reste profondément polarisé, à quelques mois d’une élection présidentielle cruciale.