Kem Sokha gracié après six ans de détention une libération sous conditions

Date de publication

Media file: 01KSF/Q2G2T/66WR9/8JV9V/W8ENZ/P/01KSFQ2G2T66WR98JV9VW8ENZP.png

Une grâce controversée après six ans de détention

Kem Sokha, principal opposant au régime cambodgien, a été gracié lundi 25 mai par Hun Sen, ancien Premier ministre et figure dominante de la politique locale. Condamné en 2023 à 27 ans de prison pour trahison, il était accusé d’avoir comploté avec des puissances étrangères pour renverser le gouvernement. Une accusation qu’il a toujours fermement niée.

Un geste politique dans un contexte tendu

La grâce intervient après six ans de résidence surveillée à Phnom Penh, où Kem Sokha était assigné à domicile depuis son arrestation en 2017. Hun Sen, désormais président du Sénat et père de l’actuel Premier ministre Hun Manet, a justifié cette décision par un « esprit de conciliation » au service de la nation. Kem Sokha, pour sa part, a salué une résolution « dans l’intérêt du peuple cambodgien ».

Un opposant historique, un parti dissous

Cofondateur du Parti du sauvetage national du Cambodge (CNRP), Kem Sokha avait vu sa formation politique dissoute en 2017, peu après son arrestation. Cette dissolution avait été perçue comme une manœuvre pour éliminer toute opposition crédible face au Parti du peuple cambodgien (CPP), au pouvoir depuis des décennies. La grâce ne rétablit pas pour autant le CNRP, ni ne lève les restrictions pesant sur l’opposition. ## Un opposant cambodgien gracié après des années de procès controversés

Kem Sokha, figure de l'opposition politique cambodgienne, a été gracié par le roi Norodom Sihamoni, mettant fin à une condamnation controversée pour "complot avec des agents étrangers". Agé de 72 ans, l'ancien président du Parti du sauvetage national du Cambodge (CNRP) avait été reconnu coupable en 2023 d'avoir cherché à renverser le gouvernement de Hun Sen, des accusations qu'il a toujours fermement contestées.

Des poursuites jugées politiques par les ONG

Plusieurs organisations de défense des droits humains, dont Human Rights Watch, ont dénoncé un procès à motivation politique. Le 30 avril, un tribunal cambodgien avait rejeté l'appel de Kem Sokha, suscitant des critiques internationales. Bryony Lau, directrice adjointe de la division Asie de HRW, avait alors souligné que "les élections de 2027 et 2028 perdront toute légitimité si le gouvernement continue d'instrumentaliser la justice". Le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l'homme s'était également dit "profondément préoccupé".

Une liberté partielle et des restrictions persistantes

La grâce royale ne lève pas toutes les restrictions imposées à Kem Sokha. Un décret royal du 30 avril lui interdit toujours de quitter le pays pendant cinq ans. Dans une lettre adressée à la cour d'appel, l'opposant a exprimé son "mécontentement" mais a renoncé à saisir la Cour suprême, mettant fin à un long bras de fer judiciaire.