Audition des ex-dirigeants de NSO Group
Deux anciens responsables de NSO Group, Shalev Hulio et Omri Lavie, ont été entendus par la justice française en début d’année 2026. Placés sous le statut de témoin assisté, ils ont été interrogés dans le cadre d’une enquête ouverte en 2022, suite aux révélations du *Projet Pegasus*. Cette investigation, menée par un consortium de médias dont *Le Monde*, avait exposé l’utilisation du logiciel espion Pegasus par plusieurs États, dont le Maroc, pour cibler des personnalités françaises, dont le président Emmanuel Macron et des membres du gouvernement.
Accusations et contradictions

La Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE) a établi une note estimant « hautement probable » que NSO Group puisse connaître les numéros ciblés par ses clients, voire accéder aux données exfiltrées. Cette conclusion contredit les affirmations répétées de l’entreprise, qui prétend ne pas contrôler l’usage de son outil. Lors de son audition, Shalev Hulio a maintenu cette version, tout en reconnaissant la possibilité de consulter les cibles en cas de suspicion d’abus et d’y mettre fin.
Implications pour Israël
La note de la DGSE évoque également la possibilité qu’Israël ait accès aux numéros surveillés et aux données collectées par Pegasus. Cette révélation soulève des questions sur le rôle des autorités israéliennes dans le déploiement de ce logiciel controversé, utilisé à des fins d’espionnage à l’échelle internationale. ## Un placement sous statut de témoin assisté pour NSO Group
Les autorités françaises ont placé NSO Group, l’entreprise israélienne spécialisée dans les logiciels espions, sous le statut de témoin assisté dans le cadre de l’enquête sur l’utilisation présumée de son outil Pegasus. Cette décision intervient alors que le pays émet les autorisations d’exportation de ce matériel de pointe, malgré les controverses entourant son usage.
Des réponses évasives des dirigeants face aux questions judiciaires
Mediapart révèle que les deux dirigeants de NSO Group ont refusé de répondre à plusieurs questions posées par le magistrat instructeur. Ils ont invoqué le risque de violer la loi israélienne, qui protège certaines informations sensibles liées à l’entreprise, notamment ses capacités techniques ou l’identité de ses clients. L’homme d’affaires a également affirmé qu’aucun Français n’avait été espionné via Pegasus, tout en laissant entendre que la presse aurait attribué à NSO des piratages commis par ses concurrents.
Des contradictions entre les déclarations et les preuves techniques
Les déclarations de NSO Group sont contredites par les analyses techniques réalisées par Amnesty International, partenaire du « Projet Pegasus ». Les experts ont identifié des traces de l’espionnage sur les téléphones des victimes, remettant en cause les affirmations de l’entreprise. Les avocats des parties civiles, saluant une « avancée » dans l’enquête, estiment que le dossier est « très loin d’être terminé ».
