Roumanie : une motion de censure menace de plonger le pays dans le chaos politique

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Une motion de censure menace le gouvernement roumain

Le Parlement roumain examine ce mardi 5 mai une motion de censure visant à renverser le gouvernement du Premier ministre Ilie Bolojan. Déposée par les sociaux-démocrates du PSD, alliés à l’extrême droite, cette initiative pourrait aboutir, plongeant le pays dans une nouvelle crise politique. Les forces démocratiques dénoncent une alliance dangereuse, accusant le PSD de légitimer une extrême droite en pleine ascension.

Un vote décisif dans l’après-midi

L’examen de la motion, déposée fin avril, a débuté mardi matin. Signée par 254 élus, elle nécessite 233 voix pour être adoptée, soit une majorité simple. Le vote est attendu dans l’après-midi, et les observateurs s’attendent à un résultat serré. Le PSD, membre de la coalition gouvernementale jusqu’en avril, a quitté le gouvernement pour protester contre les mesures d’austérité imposées par Bolojan.

Une crise politique en perspective

La chute du gouvernement libéral pourrait entraîner des élections anticipées, dans un contexte déjà tendu. Bolojan, soutenu par quatre partis pro-européens, avait été nommé en juin 2023 après de longues négociations. Son gouvernement peine à réduire le déficit budgétaire, le plus élevé de l’Union européenne, ce qui a alimenté les tensions avec ses anciens alliés. ## Une crise politique majeure en Roumanie

La Roumanie traverse une période d’instabilité politique inédite depuis l’annulation de la présidentielle de novembre 2024, marquée par l’émergence surprise du candidat d’extrême droite Calin Georgescu. Ce scrutin, entaché de soupçons d’ingérence russe, a plongé le pays dans une crise politique alors qu’il joue un rôle clé au sein de l’OTAN, en première ligne face à la guerre en Ukraine.

Le président Nicusor Dan, farouchement pro-européen, a réaffirmé lundi la détermination de la Roumanie à poursuivre son ancrage occidental, quel que soit le résultat des élections. « Les discussions politiques seront difficiles, mais c’est notre devoir de maintenir le pays sur la bonne voie », a-t-il déclaré, soulignant la responsabilité des partis politiques dans cette période charnière.

Tensions au sein de la majorité parlementaire

La chute imminente du gouvernement pourrait relancer les négociations pour former une nouvelle majorité. Les partis de centre droit ont vivement critiqué le Parti social-démocrate (PSD) pour son rapprochement avec l’extrême droite, notamment l’Alliance pour l’unité des Roumains (AUR), accusé de compromettre l’orientation pro-européenne du pays. Une trentaine d’ONG ont même exigé l’exclusion du PSD du Parti des socialistes européens (PSE) en cas de maintien de cette alliance.

Le PSD, de son côté, assure qu’aucun accord politique post-motion n’a été conclu avec l’AUR, mais reconnaît un objectif commun : renverser le gouvernement Bolojan. Cette crise politique a déjà des répercussions économiques, avec une hausse des taux d’intérêt et une dépréciation historique de la monnaie nationale, le leu, qui a atteint 5,19 pour un euro lundi.

Un contexte économique fragile

La Roumanie, dont le déficit public a atteint 7,9 % du PIB au quatrième trimestre 2025, fait l’objet d’une procédure européenne de déficit excessif depuis 2020. Le pays risque désormais de perdre des fonds européens, aggravant une situation déjà tendue. Cette crise politique et économique place le pays dans une position délicate, alors qu’il doit concilier stabilité intérieure et engagements internationaux.