1er-Mai 2024 : Mobilisation syndicale historique face aux tensions sur le travail et le pouvoir d'achat

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Une mobilisation syndicale massive prévue pour le 1er-Mai

Plus de 100 000 personnes devraient participer à 320 manifestations à travers la France ce vendredi 1er-Mai, selon les prévisions du ministère de l’Intérieur. À Paris, le cortège partira de la place de la République à 14 heures, avec la présence des dirigeantes de la CFDT, Marylise Léon, et de la CGT, Sophie Binet.

Les syndicats entendent profiter de cette journée symbolique pour défendre le caractère chômé du 1er-Mai, mais aussi pour alerter sur le pouvoir d’achat et la démocratie, à un an de la présidentielle. Laurent Escure, secrétaire général de l’UNSA, souligne l’importance de préserver « le cadre démocratique, condition sine qua non de la défense des travailleurs ».

Un débat houleux sur le travail du 1er-Mai

Le gouvernement a finalement renoncé à étendre le travail du 1er-Mai à tous les commerces, après une levée de boucliers syndicale. Seuls les artisans boulangers et fleuristes pourraient y être autorisés, sous réserve d’accords de branche, à partir de 2027. Les cinq confédérations syndicales représentatives (CFDT, CGT, FO, CFE-CGC, CFTC) restent opposées à cette mesure, craignant une généralisation progressive.

Une participation en hausse malgré les vacances scolaires

Les syndicats espèrent une forte mobilisation, malgré le week-end prolongé et les vacances scolaires en cours. L’an dernier, entre 157 000 et 300 000 personnes avaient défilé, selon les sources. La hausse des prix des carburants et l’inflation pourraient amplifier les cortèges, alors que les syndicats appellent à une défense renforcée des droits des travailleurs. ## Un 1er-Mai sous tension entre flou juridique et tensions sociales

La secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet, a critiqué dans *L’Humanité* la réduction du nombre de salariés concernés par les restrictions du 1er-Mai, passant de plusieurs millions à 200 000 maximum. Un chiffre qu’elle juge toujours excessif. De son côté, Yvan Ricordeau, numéro deux de la CFDT, a souligné l’importance symbolique de cette journée, marquée par des tentatives de remise en cause de son caractère férié.

Contrôles et ambiguïtés autour des commerces de proximité

Le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou, a assuré n’avoir donné aucune consigne aux inspecteurs du travail pour éviter les verbalisations des boulangers et fleuristes. Cependant, une lettre de la direction générale du travail, consultée par l’AFP, appelle à rappeler aux agents le contexte particulier de ce 1er-Mai, en attendant une future loi. Cécile Clamme, inspectrice du travail et secrétaire générale de la CGT-Tefp, a exprimé ses craintes quant à des tensions possibles entre agents et artisans, tout en pointant le manque de moyens pour des contrôles massifs.

Un débat politique qui divise

Le sujet continue de fracturer le bloc central. Le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, a mis en garde contre une approche superficielle du débat, rappelant l’importance historique du 1er-Mai pour les travailleurs. De son côté, Gabriel Attal est attendu vendredi dans une boulangerie de Vanves, tandis que Bruno Retailleau, candidat LR à la présidentielle, sera à Cholet pour évoquer le thème du « travail gagnant ».