Une mobilisation syndicale massive à travers la France
Plus de 300 000 manifestants ont défilé dans toute la France ce 1er mai, selon les chiffres avancés par la CGT. À Paris, la mobilisation a rassemblé 100 000 personnes, tandis que d’autres villes comme Lyon, Marseille et Nantes ont également enregistré des cortèges importants. Les syndicats ont saisi cette journée pour défendre le caractère férié et chômé du 1er mai, malgré les pressions gouvernementales en faveur d’une libéralisation des commerces.
Des chiffres contrastés selon les sources

Les estimations varient selon les villes et les sources. À Toulouse, la préfecture a comptabilisé 5 500 manifestants, contre 12 000 selon la CGT. Lyon a enregistré 6 500 participants, Marseille 3 400 et Nantes 4 000. Ces écarts reflètent les divergences habituelles entre les décomptes des autorités et ceux des syndicats. Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, avait anticipé 100 000 manifestants dans le pays, un chiffre largement dépassé.
Revendications sociales et tensions politiques
Les syndicats ont profité de cette journée pour exiger une hausse du SMIC, face à une inflation dépassant 2 %. Marylise Léon, secrétaire générale de la CFDT, a souligné la nécessité de négociations sectorielles, tandis que Sophie Binet (CGT) a dénoncé une « cacophonie gouvernementale » favorisant les « délinquants patronaux ». Le gouvernement, lui, soutient l’ouverture des commerces, malgré l’interdiction légale, provoquant la colère des organisations syndicales. ## Un projet de loi recentré sur les artisans boulangers et fleuristes
Le gouvernement a décidé de limiter la possibilité de travailler le 1er mai aux seuls artisans boulangers et fleuristes, sous réserve d’accords dans ces branches. Un projet de loi devrait entrer en vigueur avant le 1er mai 2027, alors que la proposition initiale, portée par l’ancien Premier ministre Gabriel Attal, prévoyait un élargissement aux commerces de bouche, fleuristes et établissements culturels. Cette mesure avait été rejetée par les cinq confédérations syndicales représentatives (CFDT, CGT, FO, CFE-CGC et CFTC), qui craignent une généralisation future.
Des contrôles effectués, mais aucun incident signalé
Le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou, a assuré n’avoir donné aucune instruction aux inspecteurs du travail, tout en appelant à une « intelligence collective » pour éviter des sanctions contre les boulangers et fleuristes employant des salariés sur la base du volontariat. Sébastien Lecornu, le Premier ministre, a confirmé que des contrôles avaient été menés dans les commerces ouverts, sans qu’aucun incident ne soit rapporté. Il a souligné que le volontariat des salariés était une condition non négociable.
La CGT exige une hausse des salaires et du SMIC
Dans une lettre adressée à Sébastien Lecornu, la secrétaire générale de la CGT, Marylise Léon, a critiqué l’absence de mesures concrètes pour répondre aux difficultés des boulangers, pointant notamment l’explosion des factures d’énergie et la hausse des prix des matières premières. Elle a demandé une augmentation de 5 % du SMIC et une indexation des salaires sur les prix. Marylise Léon a également dénoncé la proposition de loi sur le 1er mai, qu’elle qualifie de « politique spectacle », estimant que les priorités devraient se concentrer sur un « grand plan pour l’augmentation des salaires ».
