Accusations de manipulation lors d’une commémoration antisémite
Jean-Luc Mélenchon a dénoncé mardi 21 avril une « opération montée d’avance » lors de la commémoration de l’attentat de Toulouse, survenu le 19 mars. François Piquemal, candidat LFI à la mairie, avait été hué lors de cette cérémonie, avant d’être battu aux élections municipales. Le leader insoumis accuse certains acteurs d’avoir collaboré avec la rédaction en chef de France Télévisions pour nuire à son parti.
France Télévisions visée par des critiques internes

Le Syndicat national des journalistes (SNJ) du groupe audiovisuel a dénoncé une « rétention d’information inacceptable » avant la couverture de l’événement. Selon le SNJ, la rédaction en chef avait été alertée par un membre influent de la communauté juive de Toulouse sur d’éventuels troubles. Pourtant, l’équipe sur place n’a pas été informée, travaillant sous l’impression d’un débordement spontané.
Réactions et absence de réponse
Sur X, Mélenchon exige « des explications, des sanctions et des excuses publiques » de France Télévisions. L’organisme, sollicité par l’AFP, n’a pas souhaité commenter. Le 19 mars, Piquemal avait été hué aux cris de « Dehors, LFI ! » ou « antijuif ! ». Le SNJ souligne que cette omission a privé les téléspectateurs d’une information complète. ## Un SMS controversé retiré d’un article de France 3 Occitanie
Un article publié le 24 mars par France 3 Occitanie mentionnait un SMS envoyé par Franck Touboul, président du CRIF Toulouse-Occitanie, à un journaliste. Le message incitait à filmer la manifestation annuelle d’hommage aux victimes du 19 mars, évoquant des risques de "grabuge". Un mois plus tard, cette référence a été supprimée de l’article, comme l’a constaté l’AFP.
Démenti et explications de Franck Touboul
Interrogé par l’AFP, Franck Touboul a nié avoir envoyé ce message. "Quel SMS ? Je n’ai pas de SMS", a-t-il déclaré. Il a toutefois reconnu avoir alerté plusieurs interlocuteurs sur la possibilité de tensions lors de l’hommage, en raison de la présence de Jean-Luc Mélenchon, candidat insoumis. "Vous croyez que je ne connais pas mes ouailles ?", a-t-il ajouté, évoquant un contexte de mépris présumé envers les victimes par le parti de Mélenchon.
Réactions et plainte de Jean-Luc Mélenchon
Jean-Luc Mélenchon a dénoncé sur X un "traquenard politique prémédité" à la veille du second tour des municipales à Toulouse. Il rappelle avoir déposé plainte après avoir été invectivé lors de l’événement. De son côté, le SNJ-Midi-Pyrénées, sollicité par l’AFP, a refusé de polémiquer, se concentrant sur des questions journalistiques. Cet incident intervient après des propos controversés de Mélenchon sur Jeffrey Epstein, accusés d’antisémitisme.
