Bolivie en ébullition : manifestations violentes et répression contre l'opposition

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Affrontements violents à La Paz contre le président bolivien

Les manifestations contre le président Rodrigo Paz ont dégénéré lundi à La Paz, où des centaines de manifestants armés d’explosifs artisanaux, de bâtons et de pierres ont tenté d’atteindre la place Murillo, près du palais présidentiel. Les forces de l’ordre ont riposté avec des gaz lacrymogènes, dispersant la foule. Selon des images diffusées par le gouvernement, des manifestants ont pillé un bureau du registre national des biens, emportant du matériel informatique et du mobilier.

Arrestation d’un leader syndical et accusations de terrorisme

Le parquet bolivien a ordonné l’arrestation de Mario Argollo, chef du principal syndicat ouvrier du pays, accusé d’« incitation publique à commettre des délits » et de « terrorisme ». Les autorités n’ont pas encore communiqué de bilan officiel des interpellations, mais la chaîne Unitel a fait état de plus d’une centaine d’arrestations. Au moins deux personnes ont été blessées lors des affrontements, selon des témoignages recueillis sur place.

Le gouvernement accuse l’opposition et l’ancien président Morales

Le gouvernement de Rodrigo Paz impute les troubles à l’ancien président socialiste Evo Morales, sous le coup d’un mandat d’arrêt pour une affaire de traite présumée d’une mineure. Le ministre de l’économie, José Gabriel Espinoza, a déclaré à la chaîne Red Uno que les manifestants étaient des « opérateurs politiques » utilisés par Morales pour tenter de revenir au pouvoir. Des partisans de l’ancien président sont arrivés lundi à La Paz après une marche de sept jours depuis Oruro, réclamant la démission du président en place. ## **Tensions persistantes en Bolivie : Evo Morales sous pression**

Depuis 2024, l’ancien président bolivien Evo Morales vit retranché dans sa région d’influence du Chapare. Sur son compte X, il a récemment exprimé son soutien aux manifestants, dénonçant une « brutale persécution » contre des dirigeants syndicaux comme Mario Argollo.

**Blocages routiers et crise humanitaire**

Les barrages routiers, en place depuis plus de deux semaines, paralysent les accès à La Paz. L’Administradora boliviana de Carreteras recensait lundi soir 32 points de blocage dans le pays. Samedi, les forces de l’ordre avaient rouvert temporairement certaines routes, mais les manifestants ont repris le contrôle dans la journée. Un mort a été déploré lors des affrontements, selon le vice-ministre de l’intérieur, Hernan Paredes.

La capitale administrative est quasi coupée du reste du pays, entraînant des pénuries de carburant, de nourriture et de médicaments. Le gouvernement a annoncé une nouvelle intervention mardi pour rétablir un « corridor humanitaire » pendant six heures.

**Crise économique et manifestations antigouvernementales**

La Bolivie traverse sa pire crise économique depuis les années 1980. Le pays a épuisé ses réserves de dollars pour financer les subventions aux carburants, supprimées en décembre. L’inflation a atteint 14 % en avril, alimentant des manifestations antigouvernementales à La Paz la semaine dernière.