Un rassemblement silencieux tourne à l'arrestation massive
Plus de 200 manifestants ont été interpellés samedi 11 avril à Londres lors d'un rassemblement pacifique exigeant la levée de l'interdiction du groupe Palestine Action. Selon la police métropolitaine, 212 personnes âgées de 27 à 82 ans ont été arrêtées dans le centre de la capitale britannique. Entre 300 et 400 participants s'étaient rassemblés à Trafalgar Square pour un sit-in silencieux, brandissant des pancartes proscrites comme "Je m'oppose au génocide, je soutiens Palestine Action".
Un groupe interdit après des actes de vandalisme

Palestine Action, qui dénonce la guerre à Gaza depuis l'attaque du Hamas le 7 octobre 2023, est au cœur d'une bataille juridique avec le gouvernement britannique. Interdit en juillet 2023 par le Premier ministre travailliste Keir Starmer après des actions de ses militants, dont des dégradations sur une base aérienne, le groupe conteste cette décision. En février, un tribunal a jugé l'interdiction "disproportionnée", mais le gouvernement a fait appel, maintenant la mesure en vigueur en attendant le verdict final.
Un conflit judiciaire en suspens
L'affaire illustre les tensions croissantes autour de la liberté d'expression et du soutien à la cause palestinienne au Royaume-Uni. Alors que le groupe poursuit sa mobilisation, le gouvernement maintient sa position, arguant de la nécessité de prévenir les troubles à l'ordre public. La décision finale de la justice pourrait avoir des répercussions sur le traitement des mouvements pro-palestiniens dans le pays. ## Des manifestants défient l'interdiction gouvernementale
Freya, 28 ans, responsable d'une organisation écologiste à Londres, a insisté sur l'importance de sa présence. "Il est crucial que nous continuions à nous opposer au génocide, quelles que soient les conséquences légales", a-t-elle déclaré. La jeune femme, qui a préféré taire son nom de famille, a souligné que les valeurs des manifestants ne fléchiraient pas face aux tergiversations juridiques du gouvernement.
Un soutien inébranlable malgré les risques
Denis MacDermot, 73 ans, originaire d'Édimbourg, a affirmé à l'AFP avoir déjà été arrêté lors d'une précédente manifestation, sans que cela n'entame sa détermination. "Je soutiens ces personnes courageuses", a-t-il lancé en désignant les autres manifestants, tout en critiquant fermement les mesures gouvernementales.
Des sanctions sévères pour toute expression de solidarité
L'interdiction en vigueur prévoit des peines allant jusqu'à six mois de prison pour toute manifestation de soutien à Palestine Action. Les membres du groupe ou les organisateurs d'événements en leur faveur encourent quant à eux des peines pouvant atteindre 14 ans d'emprisonnement.
