Une manifestation violente pour exiger la démission du président
Des milliers de mineurs ont paralysé le centre de La Paz jeudi 14 mai, affrontant la police lors d’une manifestation exigeant la démission du président bolivien Rodrigo Paz. Armés de frondes et d’explosifs, les manifestants, casqués et déterminés, ont progressé depuis El Alto jusqu’au Palais du gouvernement, scandant des slogans hostiles au pouvoir en place. Les forces de l’ordre ont riposté avec des gaz lacrymogènes pour disperser la foule.
Des revendications économiques et politiques ignorées

Les mineurs dénoncent un manque de soutien gouvernemental face à leurs besoins urgents : carburant, extension des zones minières, accès aux explosifs et dollars. Selon Luis Apaza, un manifestant originaire d’Inquisivi, le dialogue avec l’exécutif est rompu. « Nous demandons la démission de ce gouvernement incapable », a-t-il déclaré à l’AFP. Le secteur minier, vital pour l’économie bolivienne, accuse le gouvernement de centre droit, au pouvoir depuis novembre, de négliger ses demandes.
Une crise sociale qui s’étend à d’autres secteurs
Cette mobilisation s’inscrit dans un contexte de tensions croissantes. Ouvriers, paysans, enseignants et transporteurs manifestent également, réclamant des hausses salariales ou le rejet de privatisations. Le gouvernement fait face à une vague de contestation sans précédent, reflétant un mécontentement généralisé face à la gestion économique et sociale du pays. ## Une radicalisation des revendications syndicales
La Centrale ouvrière bolivienne (COB), principale organisation syndicale du pays, a durci son discours jeudi. Mario Argollo, son dirigeant, a déclaré lors d'une conférence de presse que les revendications sectorielles étaient désormais secondaires. "La seule demande du peuple mobilisé est le départ du président", a-t-il affirmé, marquant un tournant dans le mouvement de protestation.
Des blocages massifs autour de La Paz
Les accès à La Paz, capitale administrative de la Bolivie, étaient quasi intégralement coupés jeudi. Selon l'administration bolivienne des routes, au moins 24 points de blocage ont été recensés dans le département. Ces perturbations paralysent les transports et l'approvisionnement, aggravant la crise sociale.
Une crise économique aggravée
La Bolivie fait face à une grave crise économique, marquée par une pénurie de devises étrangères. L'inflation annuelle a atteint 14 % en avril, selon les dernières données disponibles. Cette situation, combinée aux tensions politiques, plonge le pays dans une instabilité croissante.
