Le Mali en crise : les rebelles s'emparent d'une base stratégique et menacent Bamako

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Une prise de contrôle stratégique dans le nord du Mali

Des groupes armés ont pris le contrôle du camp militaire de Tessalit, dans le nord du Mali, après des attaques ciblant les forces de la junte au pouvoir. Selon des sources locales, sécuritaires et indépendantistes, confirmées par l'AFP, les rebelles ont investi la base vendredi 1er mai, sans rencontrer de résistance. Un élu local a indiqué que l'armée malienne et ses alliés russes avaient quitté leurs positions en début de matinée.

Un camp clé pour les opérations militaires

Situé près de la frontière algérienne, Tessalit abrite une piste d'atterrissage capable d'accueillir des appareils militaires lourds. La base, construite à l'époque coloniale, servait de point d'appui stratégique pour surveiller la région saharienne. Elle abritait également des troupes maliennes, des conseillers russes et du matériel militaire. Une source sécuritaire a précisé qu'aucun combat n'avait eu lieu, évoquant une "reddition" des forces gouvernementales.

Une offensive coordonnée des groupes rebelles

Cette prise fait suite à celle de Kidal, contrôlée quelques jours plus tôt par le Groupe de soutien de l'islam et des musulmans (GSIM, affilié à Al-Qaïda) et le Front de libération de l'Azawad (FLA). Ces attaques illustrent une montée en puissance des insurgés, qui exploitent les faiblesses des forces maliennes et de leurs alliés. La situation sécuritaire au Mali s'aggrave, tandis que la junte militaire peine à contenir l'avancée des rebelles. ## Prise de Kidal et avancées des groupes armés

Les groupes armés ont consolidé leur emprise dans le nord du Mali en s’emparant de la ville stratégique de Kidal, suivie de la base militaire d’Aguelhok, située à une centaine de kilomètres. Ces prises de contrôle interviennent dans un contexte de progression rapide des insurgés, qui étendent leur influence malgré les déclarations officielles de la junte.

Appel à un front commun et blocus de Bamako

Jeudi, le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM) a lancé un appel à la formation d’un « front commun » pour « mettre fin à la junte », au pouvoir depuis 2020. Les djihadistes ont également annoncé l’instauration d’un blocus routier autour de Bamako, la capitale, ajoutant une pression supplémentaire sur le régime militaire.

Mort du ministre de la Défense et affaiblissement de la junte

La junte a subi un coup dur avec l’assassinat du ministre de la Défense, Sadio Camara, lors d’une attaque à Kati, faisant au moins 23 morts. Figure clé du régime, le général Camara, 47 ans, était l’architecte du rapprochement avec la Russie. Sa disparition, combinée aux récentes pertes territoriales, remet en question la capacité de la junte à contenir les insurgés. Le chef de la junte, Assimi Goïta, a tenté de rassurer en affirmant que la situation était « maîtrisée », mais les déclarations des groupes armés et les faits sur le terrain contredisent cette affirmation.