Une liquidation judiciaire sans issue
Le tribunal mixte de commerce de Pointe-à-Pitre a prononcé, lundi 27 avril, la liquidation judiciaire d'Air Antilles avec cessation immédiate d'activité. Cette décision met fin à une procédure de redressement judiciaire entamée en 2023, après le rejet de toutes les offres de reprise jugées non crédibles. Le tribunal a constaté l'impossibilité de présenter un plan de redressement viable, en raison d'un passif dépassant 56 millions d'euros et de pertes d'exploitation persistantes.
Un héritage de difficultés financières

La compagnie, qui desservait Saint-Barthélemy, Saint-Martin, la Guadeloupe et la Martinique, avait été relancée en 2024 avec le soutien de la collectivité de Saint-Martin, devenue actionnaire majoritaire. Un investissement de 20 millions d'euros avait alors été engagé pour assurer la continuité territoriale. Cependant, la Direction générale de l'aviation civile (DGAC) avait interdit les vols en décembre 2025, suite à un audit révélant des manquements documentaires et organisationnels.
Des conséquences immédiates pour les territoires desservis
Cette liquidation marque la fin d'une compagnie régionale en activité depuis plusieurs décennies. Les territoires caribéens concernés devront désormais s'organiser pour assurer la desserte aérienne, alors que les alternatives restent limitées. La décision du tribunal met un terme définitif à une entreprise qui, malgré les tentatives de sauvetage, n'a pas pu surmonter ses difficultés structurelles. ## Une offre de reprise jugée insuffisante
Le tribunal a rejeté l’offre du consortium guadeloupéen Pewen, estimant que la reprise de seulement 13 à 14 salariés sur 116 était « incontestablement insuffisante » au regard des objectifs légaux de maintien de l’emploi. Les salariés, consultés en amont, s’étaient abstenus, qualifiant le projet de « non réalisable ». La Direction générale de l’aviation civile (DGAC) avait également émis un avis critique, jugeant le schéma de reprise « confus » et sa faisabilité « peu réaliste ».
Retrait et absence d’alternatives viables
Une deuxième offre, portée par la holding londonienne Karaibes Eco Rayonnance Consulting (KER) et soutenue par un prêt de 90 millions d’euros d’un fonds turc, a été retirée avant la décision du tribunal. Une troisième proposition, partielle, ne concernait qu’un seul aéronef sans reprise de personnel. Ces retraits et l’absence d’offre globale ont compliqué la situation de la compagnie.
Air Caraïbes reste seule sur le marché
Avec l’arrêt des activités d’Air Antilles, la compagnie Air Caraïbes (groupe Dubreuil) est désormais la seule à assurer les liaisons entre les territoires français des Antilles. Cette situation marque un tournant dans le paysage aérien régional, où la concurrence vient de disparaître.
