Cent quinze auteurs quittent Grasset pour dénoncer un licenciement

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Une lettre ouverte pour dénoncer un licenciement

Cent quinze auteurs, dont des figures majeures de la littérature française comme Virginie Despentes, Frédéric Beigbeder, Bernard-Henri Lévy et Vanessa Springora, ont annoncé leur départ des éditions Grasset dans une lettre ouverte publiée jeudi à minuit. Ce geste collectif intervient en réaction au limogeage d’Olivier Nora, président de la maison d’édition, qu’ils qualifient de « licenciement ».

Un départ motivé par la défense de l’indépendance éditoriale

Dans leur texte, les signataires soulignent leur attachement à Grasset, où ils étaient publiés depuis 26 ans. Ils y décrivent une maison d’édition unique, où coexistaient des auteurs aux opinions divergentes, unie par « l’élégance morale, la disponibilité et l’engagement » d’Olivier Nora. Son éviction est perçue comme une « atteinte inacceptable à l’indépendance éditoriale et à la liberté de création ».

Un message adressé à Vincent Bolloré

La lettre critique ouvertement Vincent Bolloré, actionnaire majoritaire de Grasset, en reprenant ses propres mots : « Je suis chez moi et je fais ce que je veux ». Les auteurs dénoncent cette posture, estimant qu’elle méprise à la fois les écrivains et les professionnels qui contribuent à la vie littéraire. ## Une centaine d’auteurs boycottent Grasset

Cent quinze auteurs, édités ou à paraître chez Grasset, ont annoncé jeudi 16 avril leur refus de signer leur prochain livre avec la maison d’édition. Cette décision collective intervient dans un contexte de tensions idéologiques et culturelles, sans que les signataires n’en précisent explicitement les motifs.

Parmi les noms figurant sur cette liste figurent des figures littéraires et médiatiques comme Virginie Despentes, Laurent Binet, Bernard-Henri Lévy, ou encore Vanessa Springora. La liste, arrêtée à minuit jeudi, inclut également des journalistes, des essayistes et des romanciers.

Un mouvement de solidarité et de résistance

Les signataires affirment agir par solidarité avec des équipes, autrices et auteurs qui ne peuvent s’exprimer publiquement. Leur communiqué évoque une "guerre idéologique" visant à imposer l’autoritarisme dans la culture et les médias, sans toutefois nommer d’adversaires précis.

Le texte met en avant une volonté de préserver l’indépendance des idées et du travail créatif, refusant qu’ils deviennent la propriété d’une logique autoritaire. Cette position s’inscrit dans un contexte plus large de débats sur la liberté d’expression et les enjeux culturels.

Un impact immédiat sur l’édition

Cette décision pourrait avoir des répercussions importantes pour Grasset, l’une des maisons d’édition les plus prestigieuses de France. Les auteurs concernés, bien que n’ayant pas détaillé leurs griefs, semblent vouloir marquer une rupture symbolique avec l’éditeur.

Le boycott intervient alors que le groupe Grasset, filiale du groupe Lagardère, traverse une période de mutations internes. Les signataires n’ont pas précisé s’ils envisageaient de rejoindre d’autres éditeurs ou de publier de manière indépendante.

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