Un soutien controversé à une chroniqueuse pro-Kremlin
Arnaud Lagardère, gérant de Lagardère Radio (Europe 1), et Gérald-Brice Viret, directeur général de Canal+ (CNews), ont publié une tribune dans *Le Journal du dimanche* pour défendre Xenia Fedorova, chroniqueuse régulièrement accusée de relayer la propagande russe. Dans ce texte intitulé *« Défendre la liberté d’expression, surtout lorsqu’elle dérange »*, les deux dirigeants qualifient sa voix de *« rare et précieuse »*, soulignant son rôle dans la diversité médiatique française.
Des accusations de désinformation

Xenia Fedorova, ancienne directrice de RT France (interdite dans l’UE depuis 2022), est régulièrement critiquée pour ses prises de position favorables au Kremlin. Le ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, l’a qualifiée de *« propagandiste patentée »* sur France Inter, estimant que sa présence dans les médias français *« sert la soupe de Vladimir Poutine »*. Une enquête du *Monde* publiée le 26 mai avait également mis en lumière ses liens avec la désinformation russe.
Un débat sur la liberté d’expression
Lagardère et Viret défendent leur choix en invoquant la liberté d’expression, arguant que Fedorova apporte *« un éclairage que l’on n’entend pas ailleurs »* sur le conflit en Ukraine. Cette prise de position intervient alors que le groupe Bolloré, actionnaire majoritaire de Lagardère et propriétaire de Canal+, est régulièrement pointé du doigt pour ses orientations éditoriales controversées. ## Une prise de position ferme des dirigeants de CNews
Les dirigeants de CNews et Europe 1 ont tenu à exprimer leur soutien à Xenia Fedorova, chroniqueuse et animatrice sur leurs antennes, tout en précisant ne pas partager toutes ses analyses. Dans un texte publié par l’hebdomadaire *JDNews*, contrôlé par Vincent Bolloré via le groupe Lagardère News, ils affirment refuser qu’elle soit « livrée à la vindicte publique ». « Nous n’approuvons pas forcément chacune de ses positions, mais nous nous opposons à sa délégitimation systématique », écrivent-ils, soulignant leur engagement à défendre tout journaliste « visé en raison de son origine, de son parcours ou de ses idées ».
Un rôle médiatique controversé
Xenia Fedorova, qui intervient régulièrement sur CNews et Europe 1, anime également l’émission *Lumières orthodoxes* sur CNews et CStar. Bien qu’elle ne soit pas titulaire de la carte de presse, elle a suscité des critiques pour son relais récurrent de la propagande russe, notamment en employant des termes comme « opération spéciale » pour désigner l’invasion de l’Ukraine par la Russie. Selon *Le Monde*, elle se présenterait comme une « protégée » de Vincent Bolloré, ce qu’elle n’a pas démenti.
Un soutien institutionnel malgré les divergences
Les dirigeants des médias concernés ont choisi de marquer leur solidarité avec Xenia Fedorova, tout en maintenant une distance critique sur le fond. Cette position illustre une ligne éditoriale complexe, où le soutien à une figure médiatique s’accompagne d’une mise en garde contre les dérives de son discours. Une posture qui pourrait alimenter les débats sur la liberté d’expression et les responsabilités des médias dans le traitement de l’information.
