Une critique cinglante de la liberté d’expression
Gaëtan Bruel, président du Centre national du cinéma et de l’image animée (CNC), a exprimé son désaccord avec la décision de Maxime Saada, directeur général de Canal+, de rompre tout lien avec les 600 signataires d’une tribune anti-Bolloré parue dans *Libération*. Lors d’une interview sur France Inter, il a qualifié cette mesure de « problématique sur le plan de la liberté d’expression », soulignant que « le droit à la critique est un principe fondamental ».
Un soutien historique de Canal+ au cinéma français
Bruel a rappelé que Canal+, dont l’actionnaire principal est Vincent Bolloré, a toujours été un pilier du financement et de la diversité du cinéma français. « Canal est toujours le premier soutien privé de la plus grande diversité du cinéma français », a-t-il affirmé, mettant en lumière le rôle clé du groupe dans l’écosystème audiovisuel.

Une tribune qui fait des vagues
Cette réaction intervient après les déclarations de Saada lors du Festival de Cannes, où il a critiqué la tribune publiée le 11 mai, signée par des personnalités comme Juliette Binoche, Raymond Depardon, Swann Arlaud et Adèle Haenel. Le texte dénonce « l’emprise grandissante de l’extrême droite » dans le cinéma, en lien avec l’influence de Vincent Bolloré, déjà contesté dans le monde de l’édition après le départ d’Olivier Nora de Grasset. ## Une pétition contre Canal+ provoque la colère de Maxime Saada
Maxime Saada, président du directoire de Canal+, a réagi avec fermeté à une tribune publiée dans *Libération* signée par des professionnels du cinéma. Dans un discours prononcé lors du « brunch des producteurs » à Cannes, il a qualifié la pétition d’injuste envers les équipes de Canal+, accusées de menacer l’indépendance du cinéma français.
« J’ai vécu cette pétition comme une injustice vis-à-vis des équipes Canal+ qui s’attachent à défendre l’indépendance de Canal+, dans toute la diversité de ses choix », a-t-il déclaré. En conséquence, il a annoncé que Canal+ ne collaborerait plus avec les signataires de la tribune.
Des accusations de « cryptofascisme » rejetées
La tribune, signée par des producteurs, exploitants, cinéastes et techniciens, dénonçait le projet de Canal+ de prendre le contrôle total d’UGC, réseau de salles de cinéma dont il détient déjà 34 %. Les signataires y voyaient une menace pour la diversité cinématographique, évoquant même un risque de « prise de contrôle fasciste sur l’imaginaire collectif ».
Maxime Saada a vivement contesté ces accusations, estimant que la tribune revenait à qualifier les équipes de Canal+ de « cryptofascistes ». « Je n’ai pas envie de travailler avec des gens qui me traitent de cryptofasciste », a-t-il déclaré, fixant une limite claire à sa collaboration avec les signataires.
Gaëtan Bruel appelle au calme
Gaëtan Bruel, directeur général de Canal+, a tenté de tempérer les tensions. « Il est factuellement faux de dire que Canal+ aurait renoncé à soutenir toute la diversité du cinéma », a-t-il affirmé. Il a également mis en garde contre les « prophéties autoréalisatrices », soulignant que les accusations portées contre Canal+ ne correspondaient pas à la réalité.
Cette polémique intervient alors que Canal+ prépare son acquisition totale d’UGC, prévue pour 2028, et illustre les tensions croissantes entre le groupe audiovisuel et une partie de l’industrie cinématographique.
