Népal : Libération de l'ancien Premier ministre après une détention controversée

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Libération de l'ancien Premier ministre népalais après douze jours de détention

Khadga Prasad Sharma Oli, ancien Premier ministre du Népal, a été libéré jeudi 9 avril après douze jours de garde à vue. Cette détention intervenait dans le cadre d'une enquête sur la répression des émeutes de septembre 2025, qui avaient fait au moins 76 morts. L'ancien ministre de l'Intérieur, Ramesh Lekhak, arrêté en même temps que lui, a également été libéré.

Une arrestation controversée dans un contexte politique tendu

Les deux hommes, non inculpés à ce stade, nient toute responsabilité dans les ordres donnés à la police d'ouvrir le feu sur les manifestants. Leur arrestation a eu lieu peu après l'arrivée au pouvoir du nouveau gouvernement, dirigé par Balendra Shah, un rappeur de 35 ans devenu maire de Katmandou. Ce dernier avait remporté les élections législatives du 5 mars.

La justice intervient pour limiter la détention

La Cour suprême du Népal, saisie par l'épouse de l'ancien Premier ministre, a ordonné le 6 avril que la détention des deux hommes ne soit pas prolongée au-delà du 9 avril. Un rapport publié le mois dernier par une commission de transition avait recommandé des poursuites pour "négligence criminelle" contre M. Oli. ## Un rapport accablant sur la répression policière au Népal

La commission d’enquête indépendante a rendu un verdict sans appel : bien qu’aucun ordre formel d’ouverture du feu n’ait été établi, la police a fait preuve d’une « négligence » coupable lors des manifestations du 8 septembre 2025 à Katmandou. Le rapport souligne qu’aucune tentative sérieuse n’a été entreprise pour stopper les tirs, entraînant la mort de plusieurs personnes, dont des mineurs.

Des violences qui ont embrassé la capitale

Ce jour-là, des milliers de jeunes Népalais, mobilisés sous la bannière de la génération Z, dénonçaient la corruption et le chômage endémique. La répression policière, suivie de violences urbaines, a conduit à la destruction de bâtiments publics, dont le Parlement. Les tensions politiques ont depuis envenimé le climat social.

Le Parti communiste dénonce une « vengeance politique »

Le Parti communiste du Népal, dirigé par M. Oli, accuse les autorités d’avoir orchestré des arrestations « politiques ». Des centaines de ses militants ont manifesté ces derniers jours pour exiger la libération de leurs dirigeants, accusés d’être les cibles d’une répression ciblée.