Un ancien Premier ministre sud-coréen voit sa peine réduite
La cour d’appel de Séoul a ramené jeudi 7 mai la peine de Han Duck-soo à quinze ans de prison, contre vingt-trois ans initialement. L’ancien Premier ministre était jugé pour son rôle dans la proclamation surprise de la loi martiale fin 2024, orchestrée par l’ex-président Yoon Suk Yeol.
Un coup de force politique éphémère mais lourd de conséquences

Le 3 décembre 2024, Yoon Suk Yeol avait pris de court la nation en imposant la loi martiale, déployant l’armée au Parlement. Ce coup de force, avorté en six heures après une résistance parlementaire, a plongé la Corée du Sud dans une crise politique majeure. Yoon a été condamné à la prison à vie en février, évitant de justesse la peine capitale.
Un débat relancé sur les liens entre justice et pouvoir
La réduction de peine de Han Duck-soo relance les interrogations sur l’indépendance de la justice sud-coréenne. La décision de la cour d’appel, tout en confirmant l’essentiel des condamnations, souligne les tensions persistantes entre institutions politiques et judiciaires dans un pays encore marqué par les événements de fin 2024. ## Un ancien Premier ministre condamné pour son rôle dans l’insurrection
Le tribunal a allégé la peine de M. Han, prenant en compte ses « plus de cinquante ans de carrière en tant que fonctionnaire avant la proclamation de la loi martiale ». Les juges ont estimé que les éléments du dossier ne permettaient pas d’établir un rôle actif dans la conspiration ou la direction de l’insurrection.
Des reproches pour son manque d’opposition
Le magistrat a toutefois souligné que M. Han, en participant aux événements, avait « renoncé aux graves responsabilités découlant de l’autorité et de la fonction qui lui avaient été confiées ». Il lui a reproché de ne pas s’être opposé à M. Yoon, alors qu’il avait lui-même vécu des périodes de loi martiale et d’insurrection dans les années 1970 et 1980.
Une condamnation sans émotion apparente
L’ancien Premier ministre, vêtu d’une chemise blanche et d’un costume sombre, a écouté l’énoncé de sa peine sans manifester d’émotion. Ce technocrate de 76 ans est incarcéré depuis sa condamnation en première instance en janvier.
