Balkany face à la justice : un an de prison ferme requis pour détournement de fonds publics

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Une peine d’un an de prison ferme requise contre Patrick Balkany

Le parquet a demandé vendredi 10 avril à Nanterre une peine de deux ans de prison, dont un an ferme, à l’encontre de l’ancien maire de Levallois-Perret (Hauts-de-Seine), Patrick Balkany. Ce dernier est jugé pour détournement de fonds publics dans l’affaire de ses chauffeurs. Le procureur Camille Siegrist a souligné lors de son réquisitoire que « l’on ne badine pas avec le respect des règles ».

Des sanctions financières et civiques lourdes

Outre la peine de prison, le parquet a réclamé 150 000 euros d’amende et dix ans d’interdiction des droits civiques, incluant le droit de vote, d’éligibilité et d’exercer toute fonction publique. La partie non ferme de la peine est assortie d’un sursis probatoire de trois ans. Le procureur a insisté sur la nécessité pour l’ancien élu de « payer les sommes dues à la partie civile et aux pouvoirs publics ».

Un système illégal de chauffeurs municipaux

Au cœur du dossier figure l’affectation, sans cadre légal, de trois policiers municipaux et d’un agent de police détaché en tant que « conducteurs de sécurité » au cabinet du maire. Le parquet a dénoncé une création de service « hors de tout cadre légal » et sans « arrêté de titularisation », permettant à l’élu d’échapper au contrôle de la préfecture. ## Des accusations sévères contre un élu pour abus de pouvoir

L’accusation a fustigé une « médiocrité sans nom » et une « confusion des rôles » dans l’exercice de ses fonctions par un édile, décrit comme traitant les agents de la force publique comme « des larbins, des hommes de main, de confiance, des hommes à tout faire », voire « quasiment des domestiques ». Ces derniers étaient notamment contraints d’effectuer des tâches personnelles, telles que porter des courses, chercher des cigarettes, ou assurer des trajets vers l’aéroport et la résidence de Giverny (Eure).

Un argumentaire paternaliste rejeté par le parquet

Patrick Balkany, qui s’était défendu en se présentant comme un « maire paternaliste » justifiant d’inviter son personnel, a vu cet argument balayé par le parquet. « Ce n’est pas par gentillesse qu’elles [ces personnes] sont invitées », a rétorqué le ministère public, raillant un élu qui « emmène sa cour, qui le suit ». Le magistrat a souligné que « être maire, ça veut dire qu’on est élu, mais pas l’élu », rappelant que la fonction est un « sacerdoce » et non celle d’un « démiurge omnipotent ».

Une trahison de la confiance des contribuables

Le procureur a estimé que « la confiance vis-à-vis du contribuable a été trahie », soulignant que, malgré l’éloignement des faits, « le temps n’a pas tout effacé, au contraire ». Cette affaire met en lumière les dérives possibles du pouvoir local et les limites d’une interprétation abusive des prérogatives municipales.

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