La justice belge ordonne le renvoi en procès d’Etienne Davignon
Soixante-cinq ans après les faits, la justice belge a ordonné le renvoi en procès d’Etienne Davignon, un ancien diplomate belge. Il est soupçonné de « participation à des crimes de guerre » pour son implication dans les décisions ayant mené à l’assassinat du dirigeant congolais Patrice Lumumba en 1961.
La décision a été rendue à huis clos par une juridiction d’instruction à Bruxelles. Le parquet fédéral a confirmé ce renvoi annoncé à la presse par l’avocat Christophe Marchand, qui défend les descendants du héros de l’indépendance congolaise. Selon l’avocat, le procès pourrait se tenir « au plus tôt en janvier 2027 ».

Jamais un procès pénal n’a été organisé sur cette page sombre de la relation entre le Congo devenu indépendant en juin 1960 et la Belgique, son ancienne puissance coloniale. « On est tous soulagés, enfin la Belgique regarde son histoire en face », a déclaré Mehdi Lumumba, un petit-fils de Patrice Lumumba, présent à l’audience.
Patrice Lumumba, premier chef du gouvernement du Congo indépendant, a été renversé en 1960 par un coup d’État et exécuté en janvier 1961 par des séparatistes du Katanga avec l’appui de mercenaires belges. ## Affaire Lumumba : Etienne Davignon toujours mis en cause
Un seul homme, Etienne Davignon, âgé de 93 ans, reste à ce jour le principal suspect dans l'affaire de la mort de Patrice Lumumba. Les enfants du défunt ont déposé une plainte en 2011 visant une dizaine de fonctionnaires belges, policiers ou agents de renseignements, mais seuls Davignon est encore en vie et conteste les faits reprochés.
Des accusations de participation à des crimes de guerre
Ancien diplomate et haut fonctionnaire belge, Etienne Davignon aurait été impliqué dans le transfert de Patrice Lumumba dans la région hostile du Katanga, soutenue par le pouvoir belge à l'époque de l'indépendance du Congo. Le parquet fédéral a visé des accusations de "participation à des crimes de guerre" et de "traitements humiliants et dégradants" envers la victime.
Dans une demande de renvoi en procès formulée en 2025, Me Christophe Marchand a souligné le rôle de Davignon comme "un maillon" d'une "funeste entreprise criminelle étatique" de la Belgique. La responsabilité pénale de l'ancien dignitaire belge reste encore à éclaircir dans cette affaire complexe et controversée.
