La junte militaire bannit les conférences de presse en Guinée-Bissau: menace pour la liberté d'expression

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La junte militaire interdit les conférences de presse en Guinée-Bissau

Six semaines après le coup d'Etat post-électoral en Guinée-Bissau, la junte militaire au pouvoir a pris la décision d'interdire les conférences de presse et les déclarations publiques non autorisées. Cette mesure vise à préserver la paix et la cohésion sociale, selon les autorités en place.

Accusations d'incitation à la violence et à la désobéissance

La junte militaire a justifié son interdiction en accusant les organisateurs de ces événements de chercher à inciter à la violence et à la désobéissance. Tout individu ou entité contestant l'ordre public établi par les autorités de transition sera sévèrement réprimandé, conformément à la loi en vigueur.

Contexte politique tendu en Guinée-Bissau

Suite au renversement du président Umaro Sissoco Embalo après l'élection présidentielle en novembre 2025, la Guinée-Bissau fait face à une situation politique délicate. La junte au pouvoir avait initialement évoqué des complots de barons de la drogue pour semer le chaos dans le pays. La situation est considérée comme grave, avec des risques de guerre civile ethnique selon les autorités en place. ## Coup d’Etat en Guinée-Bissau : des soupçons sur l’implication de M Embalo

De nombreux observateurs et l’opposition ont évoqué la possibilité que M Embalo ait orchestré le coup d’Etat pour interrompre le processus électoral, alors qu’il était en passe de perdre le pouvoir. L’adversaire du président sortant, lors de la présidentielle du 23 novembre, Fernando Dias avait ainsi affirmé, le 27 novembre, avoir remporté la présidentielle, en accusant M Embalo d’avoir « organisé » le putsch ayant porté les militaires au pouvoir et interrompu ce processus électoral, la veille de l’annonce prévue des résultats.

Histoire de coups d’Etat en Guinée-Bissau

Depuis son accession à l’indépendance en 1974, la Guinée-Bissau a connu de nombreuses crises politiques, plusieurs coups d’Etat et une guerre civile. Le premier putsch survient dès 1980, sur fond de rivalité, au sein du Parti africain pour l’indépendance de la Guinée et du Cap-Vert (PAIGC), entre l’élite politique cap-verdienne et les combattants bissau-guinéens, occasionnant des purges violentes et la séparation des deux nations.