Une décision ferme contre TV5Monde
Le Conseil supérieur de la communication (CSC) du Burkina Faso a officiellement interdit la diffusion de TV5Monde sur son territoire, invoquant des accusations de « désinformation » et d’« apologie du terrorisme ». Cette décision, prise le 5 mai 2026, fait suite à des manquements relevés dans plusieurs éditions du journal télévisé de la chaîne, notamment entre avril et mai 2026. Le CSC souligne que ces contenus portaient sur le traitement des violences djihadistes au Burkina Faso et au Mali.
Un contexte politique tendu

Le Burkina Faso est dirigé depuis septembre 2022 par une junte militaire, issue d’un coup d’État, le deuxième en huit mois. À sa tête, le capitaine Ibrahim Traoré, qui met en avant une rhétorique de souveraineté nationale. Cette interdiction s’inscrit dans une série de mesures visant à restreindre l’accès à plusieurs médias étrangers, déjà suspendus ou interdits ces derniers mois.
Des restrictions médiatique récurrentes
En avril et juin 2024, TV5Monde avait déjà été temporairement suspendue au Burkina Faso. Cette nouvelle décision, plus radicale, confirme une tendance à l’isolement médiatique du pays, où les autorités justifient ces mesures par la nécessité de protéger l’information nationale contre des contenus jugés nuisibles. ## Contexte des suspensions
La chaîne TV5Monde a fait l'objet de deux suspensions temporaires au Burkina Faso en 2024, en avril puis en juin. Le Conseil supérieur de la communication (CSC) a justifié cette décision par des "manquements répétés à la loi, à l'éthique et à la déontologie" dans le traitement de sujets liés au terrorisme. Le CSC a notamment évoqué la couverture des attaques terroristes survenues au Mali le 25 avril 2026, bien que cette date semble erronée.
Précédents au Mali
TV5Monde avait déjà été suspendue au Mali en mai 2025, également sous l'autorité d'une junte militaire. Cette mesure, qualifiée de "jusqu'à nouvel ordre", avait été prise après des critiques sur son traitement d'une manifestation de l'opposition, jugée "manquante d'impartialité" par les autorités locales.
Historique des tensions
La chaîne avait déjà été sanctionnée par la junte malienne en 2024, avec une suspension de trois mois. Ces décisions illustrent les tensions récurrentes entre les médias internationaux et les régimes militaires en place dans la région.
