Des mesures d'urgence imposées à la prison de Baie-Mahault
Le tribunal administratif a ordonné jeudi 30 avril des mesures d'urgence à la prison de Baie-Mahault, en Guadeloupe, pour remédier aux conditions indignes de détention. Ces décisions visent principalement l'hygiène, l'aménagement des locaux et l'accès à l'éducation pour les détenus mineurs.
Une surpopulation carcérale alarmante

Selon le contrôleur général des lieux de privation de liberté (CGLPL), la densité carcérale atteint 247 % dans la maison d'arrêt des hommes. Sur 428 détenus adultes, 155 dorment sur des matelas posés à même le sol, une situation qualifiée de "dramatiquement élevée". Le tribunal a également exigé d'éloigner ces couchages des espaces sanitaires.
Des recours judiciaires répétés
L'Observatoire international des prisons (OIP) avait saisi le tribunal administratif en référé pour faire appliquer les recommandations du CGLPL, formulées après une visite en 2025. Gladys Démocrite, avocate de l'OIP, a souligné que 14 des 38 mesures demandées ont été acceptées, confirmant des "dysfonctionnements importants". ## Des mesures urgentes imposées pour améliorer les conditions de détention
Le tribunal administratif a ordonné une série de mesures immédiates pour remédier aux conditions de détention jugées indignes dans un établissement pénitentiaire. Parmi les exigences figurent la fourniture de linge de lit, l’accès aux machines à laver et sèche-linge, ainsi que la réparation des volets défectueux exposant les détenus aux intempéries. Les sanitaires, présentant des traces de moisissures et de salpêtre, doivent être nettoyés, tandis que la distribution d’eau pendant les promenades doit être garantie.
Des obligations renforcées pour les mineurs et l’éducation
Le quartier des mineurs fait également l’objet d’instructions similaires en matière d’hygiène. Le tribunal exige par ailleurs un suivi hebdomadaire de douze heures d’enseignement et un accès effectif aux activités sportives. Un local dédié aux fouilles intégrales doit être installé, et les droits des détenus mineurs, notamment leur droit à une communication confidentielle avec leurs avocats, doivent être mieux communiqués.
Des critiques persistantes malgré les avancées
Gladys Démocrite, bien que « rassurée » par cette prise de conscience, reste « circonspecte ». Elle déplore que le tribunal n’ait pas imposé des délais plus stricts à l’administration pénitentiaire, soulignant que des décisions similaires en Guadeloupe n’ont pas été appliquées. Plusieurs tribunaux administratifs et la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) ont déjà condamné l’État français pour ces conditions de détention, sans que des changements significatifs ne soient observés.
