Une vidéo humiliante de militants pro-palestiniens agenouillés déclenche un scandale international

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Une vidéo humiliante provoque un tollé international

Le ministre israélien de la sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, a suscité une vague de critiques en diffusant une vidéo montrant des militants pro-palestiniens agenouillés et menottés après leur arrestation en mer. Les images, accompagnées de l’hymne national israélien, ont été publiées sur sa chaîne Telegram. On y voit des dizaines de militants, dont plusieurs Italiens, forcés de s’agenouiller sur le pont d’un navire de la marine israélienne, certains ayant la tête pressée au sol par les forces de sécurité.

Réactions diplomatiques et condamnations

Plusieurs pays européens ont vivement réagi à cette vidéo, qualifiée d’"inadmissible" par l’Italie, de "monstrueuse" par l’Espagne et de "totalement inacceptable" par l’Allemagne. La France, la Belgique, les Pays-Bas et le Canada ont convoqué les ambassadeurs israéliens pour exiger des explications. La Grèce a également déposé une protestation officielle, soulignant que 19 de ses ressortissants figuraient parmi les détenus.

Condamnations internes en Israël

Même au sein du gouvernement israélien, la vidéo a provoqué l’indignation. Le Premier ministre Benjamin Netanyahou a jugé ces images "non conformes aux valeurs d’Israël", tandis que le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar, a accusé Ben Gvir d’avoir "sciemment nui" à l’image du pays. Cette affaire met en lumière les tensions croissantes au sein de la coalition gouvernementale israélienne. ## **Netanyahou critique son ministre mais défend l’interception de la flottille**

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou a fermement condamné les propos de son ministre des Affaires étrangères, Eli Cohen, qui avait déclaré que les militants de la flottille étaient "le visage d’Israël". Tout en critiquant cette déclaration, Netanyahou a justifié l’interception des navires, affirmant qu’Israël avait "pleinement le droit d’empêcher des flottilles provocatrices de partisans du Hamas d’entrer dans nos eaux territoriales".

Les forces israéliennes ont intercepté lundi les bateaux au large de Chypre, avant d’entamer mercredi le transfert des 430 militants vers le sud d’Israël. Selon les organisateurs, des tirs ont été ouverts sur au moins deux navires, sans faire de victimes. Le ministère israélien des Affaires étrangères a confirmé que les militants avaient été transférés vers Israël, où certains sont désormais détenus à Ashdod.

**Une opération dénoncée par les défenseurs des droits humains**

L’organisation Adalah a dénoncé une "enlèvement de force" dans les eaux internationales, soulignant que les participants visaient à apporter une aide humanitaire à Gaza et à contester le blocus israélien. Une cinquantaine de navires avaient quitté la Turquie la semaine dernière pour tenter de briser ce blocus, en place depuis 2007.

Un porte-parole du ministère israélien a rejeté ces accusations, qualifiant la flottille d’"opération de communication au service du Hamas". Il a toutefois indiqué que les militants arrêtés pourraient rencontrer leurs représentants consulaires. Le Hamas a de son côté dénoncé une "dépravation morale" dans un communiqué.

**Un blocus sous tension dans un contexte de crise humanitaire**

Israël contrôle tous les points d’entrée vers Gaza, où une trêve fragile est en vigueur depuis octobre 2023. Le territoire, ravagé par deux ans de guerre, souffre de graves pénuries alimentaires et médicales, Israël ayant parfois bloqué les livraisons d’aide. Une précédente flottille avait été interceptée en avril au large de la Grèce, avec des expulsions vers l’Europe.

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