2025 : l'année noire des humanitaires, 326 morts et un monde sans loi

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Un bilan humain lourd pour les travailleurs humanitaires en 2025

Au moins 326 travailleurs humanitaires ont été tués dans le monde en 2025, selon les chiffres présentés par Tom Fletcher, chef des opérations humanitaires de l’ONU. Ce bilan, bien que légèrement inférieur au record de 2024 (383 morts), marque une hausse alarmante sur trois ans, avec plus de 1 010 victimes recensées depuis 2023. Une tendance que Fletcher qualifie de « symptôme d’un monde sans foi ni loi ».

Des zones de conflit particulièrement meurtrières

La majorité des attaques ciblent des régions en proie à des conflits prolongés. Gaza et la Cisjordanie concentrent à elles seules 560 des 1 010 décès enregistrés en trois ans, suivis par le Soudan (130 morts), le Soudan du Sud (60), l’Ukraine (25) et la République démocratique du Congo (25). Ces chiffres illustrent une escalade des violences contre les acteurs humanitaires, souvent pris pour cible malgré leur statut protégé.

Un appel urgent à renforcer la protection des civils

Tom Fletcher a dénoncé un « effondrement de la protection » des humanitaires, soulignant que ces attaques ne relèvent pas d’une simple escalade, mais d’une dégradation systémique du respect du droit international. Son intervention devant le Conseil de sécurité de l’ONU vise à alerter sur l’urgence d’une réponse coordonnée pour garantir la sécurité des travailleurs humanitaires et l’accès aux populations vulnérables. ## Un appel urgent pour la protection des humanitaires

Martin Fletcher, ancien directeur de l'ONG Médecins Sans Frontières (MSF), a dénoncé avec fermeté les obstacles croissants à l'aide humanitaire, qualifiant la situation d'« effondrement des financements » et de « symptôme d'un monde sans foi ni loi ». Dans une allocution devant le Conseil de sécurité de l'ONU, il a souligné que les attaques contre les travailleurs humanitaires s'inscrivaient dans une « attaque plus large contre la Charte de l'ONU et le droit humanitaire international ».

Plus de 1 000 morts : des questions sans réponses

Fletcher a rendu hommage aux plus de 1 000 humanitaires tués dans l'exercice de leurs fonctions, interrogeant les raisons de cette violence. « Est-ce parce que le droit humanitaire international, conçu par des dirigeants plus sages, n'est plus applicable ? » a-t-il demandé. Il a également pointé du doigt l'impunité des auteurs de ces crimes, ainsi que la possible banalisation de ces pertes par les États membres, qui pourraient les considérer comme des « dommages collatéraux ».

Une remise en cause du statut des humanitaires

L'ancien responsable de MSF a exprimé une inquiétude majeure : les travailleurs humanitaires sont-ils désormais perçus comme des « cibles légitimes » ? Son intervention, devant les membres du Conseil de sécurité, visait à alerter sur l'urgence de protéger ces acteurs essentiels, dont l'action est pourtant cruciale dans les zones de conflit.