Un an de prison avec sursis pour l'enseignante accusée de harcèlement scolaire

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Un an de prison avec sursis pour l'enseignante d'Evaëlle

La cour d'appel de Versailles a condamné lundi 13 avril l'ancienne professeure de français d'Evaëlle à un an de prison avec sursis. Cette décision fait suite au suicide de l'élève de 11 ans en 2019, après des mois de harcèlement scolaire. La cour a également prononcé une interdiction définitive d'enseigner à l'encontre de l'enseignante, aujourd'hui retraitée.

Un harcèlement moral reconnu par la justice

Lors du procès en appel en février dernier, le parquet général avait requis dix-huit mois de prison avec sursis, soulignant que l'enseignante avait "franchit la ligne rouge" en humiliant et rabaissant certains élèves, dont Evaëlle. L'avocate générale avait qualifié son attitude d'"intrinsèquement inadaptée", contribuant à la dégradation de l'état de l'enfant. Plusieurs témoignages d'élèves avaient évoqué des remontrances systématiques de la part de l'enseignante.

Une décision saluée par les parents d'Evaëlle

Les parents de la jeune fille, en larmes à l'issue du délibéré, ont salué une décision qui reconnaît enfin le harcèlement subi par leur enfant. Evaëlle s'était pendue dans sa chambre en juin 2019, après une année de sixième marquée par des pressions répétées de sa professeure au collège Isabelle-Autissier d'Herblay, dans le Val-d'Oise. La première instance avait relaxé l'enseignante en 2025, avant que la cour d'appel ne revienne sur cette décision. ## Un harcèlement scolaire et des tensions avec une enseignante

Une adolescente décrite comme « précoce » et « atypique » a subi des mois de harcèlement de la part de ses camarades, parfois violent. En parallèle, elle vivait des tensions récurrentes avec son enseignante de français, qui aurait multiplié les remarques et les critiques à son égard.

Parmi les épisodes marquants, une séance de vie de classe a particulièrement bouleversé l’élève. La professeure avait demandé à la classe de répondre à la question : *« Pourquoi Evaëlle se sent-elle harcelée et exclue ? »* Face à ses pleurs, l’enseignante aurait insisté pour qu’elle réponde, qualifiant cette journée de *« pire journée de [s]a vie »* selon les dires de l’adolescente à ses parents.

Témoignages contradictoires et enquête

Plusieurs camarades ont confirmé lors de l’enquête que l’enseignante multipliait les remarques et les cris à l’encontre de l’élève. *« Elle lui criait souvent dessus, c’était contre Evaëlle tout le temps »*, a témoigné un élève. Une autre camarade a ajouté : *« Je pense qu’elle s’en prend aux faibles »*.

L’enseignante, interrogée, a nié toute malveillance. *« Mon intention n’était pas de la mettre en difficulté, mais de l’aider »*, a-t-elle déclaré, maintenant sa version des faits.

Relaxée par la justice en 2025

En avril 2025, le tribunal de Pontoise (Val-d’Oise) a relaxé l’enseignante, estimant que les éléments retenus contre elle étaient *« discordants, indirects, peu précis »* ou relevaient de *« comportements appropriés et légitimes pour l’exercice de l’autorité d’un enseignant en classe »*.