Un réseau de fraude démantelé sur les chantiers des JO 2024
Le tribunal correctionnel de Bobigny a condamné mercredi 15 avril plusieurs entrepreneurs du BTP pour exploitation de travailleurs étrangers sans autorisation, notamment sur le chantier du village des athlètes des Jeux olympiques de Paris 2024. L’affaire, révélée en mars 2022 lors d’un contrôle des inspecteurs du travail, visait trois sociétés et 21 personnes.
Des peines sévères pour fraude systémique

Mehmet Bozkurt, 42 ans, jugé comme le principal responsable, a écopé de quatre ans de prison, dont deux avec sursis, et d’une amende de 100 000 euros. La présidente du tribunal a souligné la « gravité particulière des faits », qualifiant le système de fraude de « massif et systématique ». La société de M. Bozkurt a été condamnée à une amende de 300 000 euros pour avoir entretenu la précarité de travailleurs maliens pendant six ans.
Un système frauduleux organisé
Le tribunal a établi que M. Bozkurt avait coordonné un réseau de sociétés éphémères visant à contourner la législation du travail. Son beau-frère a été condamné à trois ans de prison, dont dix-huit mois avec sursis, et à une amende de 40 000 euros. L’enquête avait été déclenchée par un signalement de la CGT, alertant sur les conditions de travail illégales. ## Un réseau frauduleux démantelé en Île-de-France
Un tribunal a condamné cinq hommes d’origine turque, liés par des relations familiales ou amicales, pour leur implication dans un système de sociétés éphémères. Le bras droit du réseau écope de trois ans de prison, dont dix-huit mois avec sursis, assortis d’une amende de 80 000 euros. Les deux gérants d’un second réseau, croisés sur les mêmes chantiers franciliens, ont été condamnés à deux ans de prison, dont un avec sursis. Tous sont interdits de gérer une entreprise pendant dix ans.
Des peines pour les intermédiaires et des témoignages accablants
Les gérants de paille, intermédiaires dans ce montage informel, ont écopé de peines allant de quinze à dix-huit mois de prison avec sursis. Plusieurs ouvriers maliens ont témoigné lors de l’audience, décrivant leur précarité et leur insécurité dans ce système opaque, où ils étaient déplacés de chantier en chantier sans contrat ni fiche de paie.
Une sanction lourde pour le groupe GCC
Le tribunal a reconnu le groupe GCC coupable d’un « manquement manifeste à son obligation de vigilance » envers ses sous-traitants. Titulaire d’un contrat de 60 millions d’euros sur le chantier olympique, la société a été condamnée pour emploi d’étrangers sans autorisation de travail et travail dissimulé. Elle devra payer une amende de 540 000 euros et risque une exclusion d’un an avec sursis des marchés publics. Alain Galidie, directeur d’agence chez GCC, a été condamné à six mois de prison avec sursis, 10 000 euros d’amende et un an d’interdiction de gestion.
